DIVERTISSEMENT
06/08/2013 08:40 EDT | Actualisé 06/10/2013 05:12 EDT

«30 secondes pour changer le monde» : la publicité, miroir de notre société (VIDÉO)

Comment la publicité reflète-t-elle les détresses et fléaux de notre société? Jusqu’à quel point les campagnes de sensibilisation et de marketing ont un effet sur le grand public? De quelle façon un logo ou un slogan peuvent modifier ou influencer nos comportements? Et les techniques d’approche des publicitaires sont-elles les mêmes d’une extrémité à l’autre de la planète?

Ce sont là quelques-unes des questions que soulèvera Télé-Québec à compter du lundi 9 septembre prochain, à 21h, avec la série documentaire 30 secondes pour changer le monde. En fouillant 12 grands sujets, des causes très médiatisées, la production d’Infopresse Télé questionne notre rapport à la publicité et se demande, en somme, si 30 secondes savamment orchestrées par des professionnels de la communication peuvent véritablement avoir un impact sur nos vies. Sans rien réinventer, alignant extraits choisis, opinions, analyses d’experts et faits historiques, le projet a le mérite d’apporter différents éclairages sur des thèmes constamment préoccupants, et plaira aux curieux et aux nostalgiques. Ceux-ci prendront certainement un immense plaisir à découvrir des réclames diffusées ailleurs dans le monde et à revoir des messages commerciaux qui ont jadis fait jaser.

Les dangers de la route

Dans l’épisode présenté aux journalistes lundi, on s’attarde à la sécurité routière et à l’évolution de celle-ci dans les mœurs collectives. On brosse d’abord un portrait rapide de différentes mesures imposées aux Québécois – les points de démérite, le port de la ceinture de sécurité, l’interdiction de parler au téléphone cellulaire et de texter au volant – avant de se pencher sérieusement sur chacune d’elles.

On explique le coup de fouet qu’a reçu la population avec la publicité couronnée de la désormais célèbre phrase « La vitesse tue », dans laquelle un jeune homme revit, en crise de larmes, la mort violente de sa copine (interprétée par Marie-Josée Croze). Ou encore celui, moins brutal, mais néanmoins frappant, encaissé avec la captation vidéo de l’accident qui a coûté la vie à Mathieu Perron, 19 ans, en 2000. Les parents du jeune homme avaient fait parvenir la cassette maudite à la SAAQ dans l’objectif que l’organisme s’en serve pour sensibiliser les adolescents aux dangers de la route. Enveloppé de la pièce De héros à zézro, le montage se révèle saisissant. On renoue aussi avec Rémy Girard et Angèle Coutu qui s’obstinent à l’approche d’un barrage automobile, et avec un jeune Jean-Marc Parent étranglé par sa ceinture de sécurité. On détaille la mise sur pied de la campagne « L’alcool au volant, c’est criminel, qu’on se le dise » (chanson de Cayouche à l’appui), de même que celle de Nez Rouge.

En observant les croisades lancées ici et là sur le globe (en Belgique, au Royaume-Uni, en Australie et même au Qatar), on constate par ailleurs que certains pays sont très doués pour raisonner les citoyens. En Australie, une mise en scène de quatre minutes impliquant un groupe de jeunes filles et leurs cellulaires, devenue virale sur les réseaux sociaux, donne froid dans le dos.

Images-chocs

30 secondes pour changer le monde n’a pas pour but de glorifier la publicité. On s’en rend notamment compte lorsque Christian Désilets, professeur en publicité sociale à l’Université Laval, clame haut et fort que « seule la répression peut changer les comportements » et que « la publicité ne donne absolument rien ». D’ailleurs, Arnaud Granata, président et directeur de contenu chez Infopresse et concepteur de la série, a insisté sur le fait que celle-ci se veut davantage une réflexion de société qu’un show de pubs, et avec raison. En font foi, entre autres, les images-chocs qui se succèdent dans l’heure dédiée à la violence conjugale, et les affiches un brin explicites exploitées pendant les Outgames, à Montréal, en 2006, dans celle portant sur le sida. En survolant la problématique du suicide, on reviendra sur le décès tragique de Gaétan Girouard et sur l’effet d’entraînement que son geste a causé chez les hommes de sa tranche d’âge. Et on suivra de près la naissance du mouvement lié à la date fixe du 22 avril et ses rassemblements en marge d’un coup d’œil sur l’environnement. Le cancer du sein (et l’omniprésente industrie du ruban rose), le tabac, la drogue, l’alcool, la pauvreté, les problèmes de poids et le jeu sont les autres thématiques examinées.

Pour trouver les extraits d’archives qui meublent leurs épisodes, Arnaud Granata et son équipe ont pigé dans la banque de données d’Infopresse. Certains ont été plus difficiles à remplir que d’autres, le suicide et les problèmes de poids demeurant à ce jour des terrains peu visités par le biais de campagnes publicitaires. On aurait en outre aimé consacrer une heure entière à la santé mentale, mais ce dernier sujet étant aussi pauvre en contenus, on l’a jumelé avec le suicide.

30 secondes pour changer le monde est une réalisation de Sophie Lambert, qui nous avait déjà proposé deux documentaires à l’antenne de Télé-Québec, Art sous enquête et Toute une famille. Chaque semaine, les internautes intéressés à s’impliquer dans les débats étudiés pourront le faire sur le site web de l’émission (www.telequebec.tv), où ils trouveront aussi vidéos et témoignages.

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