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La militante tunisienne de Femen libérée provisoirement

01/08/2013 04:09 EDT | Actualisé 30/09/2013 05:12 EDT

La militante tunisienne du groupe féministe Femen a été libérée de prison jeudi, après avoir passé deux mois derrière les barreaux dans l'attente de son procès, a annoncé l'un de ses avocats.

Bahri Souhaib a déclaré à l'Associated Press qu'Amina Sboui avait été libérée provisoirement. La jeune femme de 19 ans attend d'être jugée pour une seule accusation, soit la profanation d'un cimetière, après l'abandon d'une accusation d'insulte contre un fonctionnaire plus tôt cette semaine.

Amina Sboui a été arrêtée le 19 mai pour avoir supposément écrit le nom « Femen » sur un mur du cimetière de Kairouan, afin de protester contre un rassemblement d'islamistes ultraconservateurs prévu dans cette ville religieuse.

Les parents de la militante, joints alors qu'ils étaient en route pour retrouver leur fille, se sont dits soulagés. « Je crois que c'est la fin du supplice de notre fille », a déclaré son père, Mounir Sboui, lors d'une entrevue téléphonique.

Il a salué « l'indépendance de la justice » et s'est dit persuadé que sa fille serait acquittée de l'accusation portée contre elle, qu'il juge « infondée ».

Amina Sboui a choqué les Tunisiens en mars en publiant des photos d'elle les seins nus sur Internet afin de dénoncer les discriminations contre les femmes. Son geste était inspiré des manifestations semi-nues des militantes de Femen, un groupe féministe ukrainien.

Elle a ensuite été arrêtée au mois de mai pour avoir supposément écrit le nom du groupe sur un mur du cimetière de Kairouan.

La Tunisie est connue depuis longtemps comme l'un des pays musulmans les plus progressistes, en particulier en ce qui concerne les droits des femmes. Mais les gestes d'éclat d'Amina Sboui ont testé les limites de la tolérance tunisienne, et en particulier du gouvernement dominé par les islamistes.


Associated Press

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