S'il est élu maire de Montréal, Marcel Côté compte bien s'inspirer d'un autre homme d'affaires à la tête d'une grande métropole: le maire de New York, Michael Bloomberg.

«Bloomberg est un républicain et un candidat indépendant. Pourtant, dans une ville où il y a six fois plus de démocrates que de républicains, il a réussi à gouverner et c'est un des grands maires [de l'histoire] de New York, dit-il. [...] Il exerce un leadership, il convainc autant la population que les élus d'une solution aux grands enjeux de politique publique, il bâtit une coalition autour des ces solutions-là et les fait adopter.»

Cofondateur de la firme de conseils en gestion SECOR, Marcel Côté s'est lancé dans la course à la mairie le 3 juillet dernier. Âgé de 70 ans, l'homme d'affaires a construit une coalition qui regroupe Vision Montréal, d'ex-membres du parti de Gérald Tremblay (Union Montréal) et des candidats indépendants. Marcel Côté a souvent été décrit comme le candidat du milieu des affaires pour bloquer l'ascension de l'ex-député libéral Denis Coderre.

Un parti... sans ligne de parti

Marcel Côté admet d'emblée qu'il ne croit pas aux partis en politique municipale. Candidat indépendant pour le moment, il prévoit créer une formation politique pour satisfaire aux exigences du Directeur général des élections du Québec. Mais une fois au pouvoir, exit la discipline de parti.

«Je ne dis pas qu'ils n'ont pas leur utilité. Ils sont utiles lors des élections. Mais après, ils deviennent plus des communautés idéologiques que des partis à l'image d'un gouvernement. Ça ne s'applique pas dans une ville», soutient-il.

«Il n'y aura pas de ligne de parti chez nous», ajoute Marcel Côté, affirmant que plusieurs grandes villes nord-américaines sont gérées sans formations politiques.

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Alléger les structures

Parmi ses grandes ambitions pour Montréal, Marcel Côté souhaite alléger les structures de la Ville. S'il est en faveur d'une réduction du nombre d'élus et d'arrondissements à la Ville de Montréal, cet aspect de la gouvernance ne fera pas partie de ses priorités lors d'un premier mandat.

D'autres mesures, moins ambitieuses, pourraient toutefois être appliquées rapidement. Le candidat souhaite «simplifier les structures de la ville centre pour qu'elle soit plus efficace, plus agile.» «Il y a des grands services qui datent de l'ancienne ville et qui avaient leur raison d'être lorsque Montréal était environ la moitié de sa taille actuelle, qui aujourd'hui n'ont plus la même fonction», explique-t-il.

Le candidat n'a pas voulu identifier les services qui pourraient être «allégés», affirmant qu'un comité de sa coalition se penche présentement sur le sujet. Sa plateforme électorale devrait être présentée à la fin du mois d'août.

Créer un Conseil du trésor

Pour réformer la ville, Marcel Côté entend débuter par le comité exécutif. «Mon expérience dans l'entreprise privée m'a appris que lorsqu'on fait du changement, on commence par la tête», lance-t-il. Première initiative, créer un Conseil du trésor chargé d'évaluer «la qualité des dépenses financières», à l'image de ce qui se fait dans les villes de Paris, Washington et New York.

Ce titulaire ne serait responsable d'aucun autre dossier à la Ville. «Ça permettrait de donner une opinion indépendante au conseil de ville», dit-il.

La présence d'un Conseil du trésor aurait évité des dépassements de coûts comme ceux du scandale des compteurs d'eau, croit Marcel Côté. «Ça n'avait aucun sens que le dossier des compteurs d'eau soit mené par le président du comité exécutif», dit-il en référence aux importants dépassements de coûts dans ce dossier mené par Frank Zampino.

Montréal, ville bilingue?

De retour de deux semaines de vacances pendant lesquelles il a «fermé ses dossiers en Europe», le candidat à la mairie de Montréal s'est prêté à une série d'entrevues avec les médias. Petite commotion en début de journée, Marcel Côté a confié à la station de radio anglophone CJAD que Montréal est une ville «bilingue». Le candidat s'est rapidement corrigé en ondes, en affirmant: «Nous devons gérer l'enjeu de la langue à Montréal avec prudence. Montréal est une ville francophone. Le français est la langue commune, mais, d'un autre côté, tout le monde devrait être bilingue».

En entrevue, il précise que les anglophones ont le droit de se faire servir en anglais, tout comme les francophones.

En un mot

Comment qualifieriez-vous, en un seul mot, vos adversaires dans la course à la mairie?

Denis Coderre: «Populiste»

Richard Bergeron: «Rigide»

Mélanie Joly: «Jeune»

Michel Brûlé: «Fougueux»


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  • Denis Coderre

    Le député fédéral de Bourassa, Denis Coderre, a annoncé officiellement sa candidature à la mairie de Montréal le 16 mai dernier devant l'hôtel de ville, où l'attendait un groupe de manifestants, qui ont fait sentir leur présence lors de son allocution. En conférence de presse, Denis Coderre a déclaré qu'il brigue la mairie de Montréal pour pallier le « manque de leadership flagrant » à la tête de la métropole québécoise à qui il désire rendre sa fierté et ses lettres de noblesse. (Source: Radio-Canada)

  • Marcel Côté

    Marcel Côté, associé principal et co-fondateur de SECOR, a annoncé sa <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/07/03/marcel-cote-devient-candidat-a-la-mairie-de-montreal_n_3539992.html" target="_blank">candidature le 3 juillet 2013</a>. Il a pris la tête d'une coalition, nommée Coalition Montréal, qui inclut Vision Montréal.

  • Mélanie Joly

    Âgée de 34 ans, Mélanie Joly a annoncé sa candidature le 17 juin 2013. Elle affirme vouloir <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/06/17/melanie-joly-se-lance-dans-la-course-a-la-mairie-de-montreal_n_3453826.html" target="_blank">gouverner par coalition</a>, conjointement avec les autres partis. Avocate de formation, elle a pratiqué le droit en litige commercial avant de se joindre au cabinet de relations publiques Cohn & Wolfe, à Montréal. (Source: Radio-Canada)

  • Richard Bergeron

    Le chef de Projet Montréal a confirmé dès le départ du maire Gérald Tremblay qu'il se présentera pour le poste en novembre prochain.

  • Michel Brûlé (Archive 2005)

    L'éditeur des Éditions des Intouchables a confirmé le 4 juillet à <em>La Presse</em> qu'il allait se présenter à titre de <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201307/04/01-4667480-michel-brule-se-lance-dans-la-course-a-la-mairie.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1" target="_blank">candidat indépendant</a>. Michel Brûlé est toutefois un personnage controversé. Il a lui-même <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/regional/montreal/201012/04/01-4349203-michel-brule-oui-jai-rencontre-des-prostituees.php" target="_blank">admis avoir «rencontré des prostituées»</a>. Une position qu'il a plus tard nuancé en affirmant qu'il n'avait pas nécessairement utilisé leurs services.

  • Louise Harel

    La chef du parti Vision Montréal, Louise Harel, s'est ralliée à la coalition de Marcel Côté le 2 juillet 2013. Elle sera candidate au poste de conseillère de ville dans l'arrondissement de Ville-Marie.

  • Michael Applebaum

    Dès son arrivée à titre de maire intérimaire après le départ de Gérald Tremblay, Michael Applebaum a annoncé qu'il ne serait pas candidat. Michael Applebaum a depuis démissionné du poste de maire intérimaire à la suite de son arrestation par l'UPAC le 17 juin dernier. Il fait face à 14 chefs d'accusation, dont fraude, corruption et abus de confiance.

  • Raymond Bachand

    Des rumeurs ont circulé sur l'ex-candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec. Il a toutefois <a href="http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2012/11/20121117-153920.html" target="_blank">nié son intérêt</a> pour diriger la métropole.

  • Michel Labrecque

    Le président de la Société de transport de Montréal <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/regional/montreal/201303/21/01-4633197-michel-labrecque-ouvre-la-porte-a-la-mairie.php" target="_blank">a ouvert la porte</a> à une candidature à la mairie de Montréal, avant de finalement se désister. Son mandat à la tête de la STM prendra fin avant les élections de novembre prochain.

  • Michael Fortier

    L'ex-ministre fédéral conservateur et ex-sénateur a souvent été nommé parmi les candidats potentiels. Toutefois, lors d'une conversation avec un éditorialiste de La Presse ce printemps, Michael Fortier a <a href="http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/2013/03/22/normand-legault-a-la-mairie-labrecque-coderre-fortier/" target="_blank">fermé la porte</a> à cette possibilité.

  • Normand Legault

    L'homme d'affaires et ex-patron du Grand prix du Canada a également rejeté les rumeurs quant à sa possible candidature.

  • David La Haye

    L'acteur québécois affirme qu'il songe sérieusement à se présenter comme candidat à l'élection du 3 novembre prochain. Il a même <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/02/20/david-la-haye-devoile-le-nom-de-son-nouveau-parti-pour-la-mairie-de-montreal_n_2727881.html" target="_blank">trouvé un nom pour un nouveau parti</a>: Renouveau Montréal.

  • Gilbert Rozon

    Le président de Juste pour rire, un autre nom qui circule régulièrement, <a href="http://www.ledevoir.com/politique/montreal/350664/gilbert-rozon-ne-briguera-pas-la-mairie-de-montreal" target="_blank">a affirmé l'an dernier</a> qu'il ne se présenterait pas.

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