Tout devait se dérouler dans la rigolade et la bonne humeur. Mais les cinq jeunes qui se retrouvent pour fêter le Nouvel An vont connaître la peur de leur vie. Le film d’horreur canadien Antisocial, présenté ce soir en première mondiale à Fantasia, invite le public dans un huis clos effrayant qui vous fera voir les médias sociaux d’un autre œil. Entrevue.

Cody Calahan et Chad Archibald entretiennent une collaboration bien particulière. En créant leur boîte indépendante Black Fawn Films, les deux jeunes Ontariens déjà bien connus des habitués de Fantasia se partagent les tâches à tour de rôle soit producteur ou réalisateur. Après Neverlost (2010) et Monster Brawl (2011), on les retrouve avec leur nouvel opus Antisocial qu’ils ont coécrit.

«Cela a commencé par une constatation que chacun d’entre nous peut observer dans la vie de tous les jours, affirme Cody Calahan qui porte pour la première fois la casquette du réalisateur. On ne peut plus se passer de nos cellulaires d’où l’on peut consulter à n’importe quel moment les médias sociaux. Nos vies tournent maintenant beaucoup autour de tous ces gadgets. Une vidéo postée sur le Net peut engendrer des millions de connexions en quelques heures. C’est hallucinant».

Un phénomène très contemporain qu’il l’a poussé à réfléchir sur un scénario où le Web deviendrait la pierre angulaire d’un film d’horreur nouveau genre. «J’ai eu l’idée de mélanger ces nouvelles habitudes avec l’apparition d’une épidémie mondiale. Le virus s’étend sur la planète grâce aux réseaux sociaux», raconte-t-il.

Ainsi est né Antisocial, film d’horreur connecté au virtuel. «J’ai trouvé l’idée tellement bonne et évidente que je me suis dit qu’il fallait faire ce film au plus vite avant que quelqu’un d’autre le fasse», déclare le producteur attitré Chad Archibald.

Les deux hommes ont réussi à signer une œuvre de genre tout à fait honorable, malgré un budget lilliputien. Entre la science-fiction et le gore, Antisocial tient le spectateur en haleine avec un récit bourré de surprises. «On était peut-être financièrement limité, mais artistiquement, on pouvait faire ce qu’on voulait. Sur ce point, on ne s’est pas trop donné de limites», ajoute Archibald avouant au passage que tout n’a pas été si facile.

«Avant de travailler sur le scénario, on savait à l’avance combien allait nous coûter le film. On n’a jamais dépassé les coûts. On garde les choses simples. Au final, on demeure assez fier puisqu’on a respecté nos budgets initiaux, même si l’on connaissait nos limites et les moments d’angoisses que l’on a dû traversés pour y arriver».

Et puis, les deux compères savent également comment bien s’entourer. «Tous les membres de l’équipe impliquée dans le projet ont souvent deux ou trois emplois. Un film comme Antisocial se fait avant tout sur la confiance. Chacun y met de son meilleur, car au bout du compte, on sait tous que faire un bon film peut devenir une sacrée belle carte de visite d’un point de vue professionnel», explique le réalisateur.

D’ailleurs, Cody Calahan tient à préciser que sans l’apport d’une équipe aussi enthousiaste, le film n’aurait pas pu voir le jour. «Leur engagement est vital. Sans la passion des acteurs et des membres de l’équipe technique, il n’y a tout simplement pas de projet. On leur doit beaucoup».

En première mondiale dans le cadre du festival Fantasia, le film sera présenté ce soir à 21h15 dans à la Salle J.A. De Sève. Une autre projection est prévue pour le 5 août à 17h toujours à la Salle J.A. De Sève de l’université Concordia.

Antisocial – Gat – Black Fawn Films – Breakthrough Entertainment – Film Horreur – 90 minutes – Fantasia – Canada.

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  • Cody Calahan et Chad Archibald