BIEN-ÊTRE

Mode : Zady, l'autre façon de consommer écoresponsable

30/07/2013 03:28 EDT | Actualisé 29/09/2013 05:12 EDT

D'ici fin août, la nouvelle plateforme de e-commerce Zady permettra de mettre en relation les clients avec une sélection de designers internationaux qui proposent des accessoires et articles de mode écologiques, fabriqués à la main avec des matériaux locaux de haute qualité. Nous avons discuté de Zady avec ses deux cofondatrices Soraya Darabi et Maxine Bédat.

À qui s'adresse Zady ? Soraya et Maxine expliquent que le site est destiné à une clientèle jeune et éthique. Il s'agit de gens qui ne sont pas satisfaits du style des articles de mode actuellement produits de façon éthique. D'après Maxine, porter ce genre de vêtement "n'est pas vraiment cool pour marcher dans la rue". La cliente typique est "celle qui fait ses courses dans les magasins bio, qui prend le temps d'aller au yoga et mène sa vie de façon consciente et prévenante". 

Parmi les marques du lancement aux États-Unis, on trouve la designer de sacs Clare Vivier, Gerald & Stewart (fabriquant de cabans dans le Massachusetts), le spécialiste de cuir et de cabas de Détroit Karmo, et les designers denim de Nashville Imogene + Willie qui commenceront leurs ventes en ligne sur Zady. Le site met également en avant le talent européen avec Ecoalf de Madrid, qui offre une gamme de vêtements et accessoires pour hommes et femmes fabriqués de matériaux recyclés. 

Bien plus qu'une opportunité de faire du shopping pour le plaisir, Zady utilise aussi un réseau de rédacteurs qui écrivent des histoires immersives sur les produits et les marques qui collaborent. "Le but de Zady est de raconter l'histoire de chaque marque, et d'aller un peu plus loin en expliquant ce que ces marques cherchent à créer", explique Soraya.

Quant à l'histoire même de Zady, elle remonte à plus de dix ans, à l'époque où Soraya Darabi et Maxine Bédat allaient ensemble au lycée dans le Minnesota. Elles partirent ensuite chacune de leur côté : Soraya est entrée dans le monde du média numérique, travaillant en tant qu'experte pour des sociétés comme le New York Times et comme cofondatrice de l'appli culinaire Foodspotting, tandis que Maxine s'est aventurée jusqu'en Colombie pour étudier le droit et créer une organisation sans but lucratif. D'ailleurs, c'est en lisant un article sur Maxine et l'un de ses projets (le Bootstrap Project, dédié à appuyer le savoir-faire traditionnel et durable) que Soraya reprit contact et qu'elles décidèrent d'aller boire un café. "J'étais très inspiré par le bénévolat et en apprenant ce que Maxine avait créé, j'ai demandé si je pouvais apporter mon aide", ajouta Soraya. 

Elles se sont intéressées aux chaînes d'approvisionnement internationales et à la responsabilité sociale et environnementale, et de leurs conversations est né Zady. Aux côtés du Bootstrap Project qui est toujours d'actualité, 5% des recettes de chaque vente seront reversées pour aider les producteurs artisans.

Soraya et Maxine pensent que d'être concerné par la provenance et la qualité du produit permet de "s'intéresser de nouveau aux racines de la production de luxe". Avec les marques comme Gucci qui revoient leurs normes en matière environnementale (la marque italienne a récemment créé sa première ligne de sacs en cuir certifiés Rainforest Alliance), il semblerait que la nouvelle tendance soit au luxe combiné au développement durable. 

Quand on lui demande de choisir une marque qui couple luxe avec responsabilité, Maxine avoue être impressionnée par la marque française Hermès : "ils sont très attachés au savoir-faire (et) sont détenteur d'une grande partie de leur chaîne d'approvisionnement... ça n'a rien à voir avec la mode à la va-vite, pour laquelle on ne sait pas d'où viennent les produits".

Aux yeux de Darabi et Bédat, il ne s'agit pas tant d'une révolution que d'un retour à la notion simple de fabrication : "à l'origine, les vêtements étaient produits de façon éthique et durable", explique Maxine. Et avec la baisse de réputation des usines du Bangladesh et les rapports environnementaux alarmants de Greenpeace qui inquiètent la population, elles espèrent que les clients rejoindront leur mouvement : "si les plus grandes marques s'y intéressent dès maintenant, ça veut dire qu'il y a de la demande, et nous en sommes ravies", ajoute-t-elle.

Donc, la prochaine fois que vous vous poserez des questions sur les mérites du denim de Turquie ou du Japon, Zady sera là pour vous aider.


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