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Bientôt des comptes rendus des réunions de la BCE?

29/07/2013 06:49 EDT | Actualisé 28/09/2013 05:12 EDT

Les membres français et allemand du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) plaident pour une institution plus transparente, dans une interview publiée lundi en France et en Allemagne par Le Figaro et la Süddeutsche Zeitung

Benoît Coeuré et Jörg Asmussen estiment ainsi que l'institution de Francfort devrait publier les minutes des réunions de son conseil des gouverneurs, à l'instar de la Réserve fédérale américaine et de la Banque d'Angleterre.

La BCE est actuellement la seule grande banque centrale à ne pas publier les comptes rendus de ces réunions.

Or, rappelle Benoît Coeuré, « la transparence est importante pour l'efficacité de la politique monétaire et la confiance envers la banque centrale ». « Personnellement, je pense donc que
la BCE devrait commencer à publier les comptes rendus de ses réunions rapidement. »

Pour Jörg Asmussen, ces minutes devraient inclure les noms des votants et les raisons de leurs décisions.

« La publication des comptes rendus contribuera à améliorer le mandat européen parce que la BCE devra alors expliquer en quoi ses décisions sont bien en ligne avec ce mandat », ajoute le directeur allemand.

La publication d'un document jusque-là tenu secret ne va pas de soi dans la mesure où les groupes de pression et politiques seront encore plus tentés d'influencer tel ou tel membre de
l'institut d'émission. Mais pour Jörg Asmussen et Benoît Coeuré, cette transparence est d'autant plus justifiée que la BCE supervisera le système bancaire de la zone euro à partir de 2014.

La confiance dans l'euro

« Quand la supervision sera transférée au niveau européen, il sera dans le propre intérêt de la BCE d'avoir le plus haut degré de responsabilité et de contrôle démocratique vis-à-vis du
Parlement européen », estime ainsi M. Asmussen.

Le contrôle bancaire peut avoir des implications budgétaires en cas de restructuration d'une banque et la BCE aura donc encore plus de comptes à rendre qu'en matière monétaire,
renchérit M. Coeuré.

Avant d'exercer ses nouvelles prérogatives de supervision, la BCE veut éprouver la qualité des actifs bancaires dans chacun des 17 pays de la zone euro, ce qui, de l'avis des deux membres du directoire, se fera à partir du début 2014.

Ils estiment par ailleurs que la BCE doit maintenir des taux d'intérêt bas pour faire face aux conditions de crédit « très serrées » qui existent dans certains pays de la zone. Ils jugent la fragmentation du marché bancaire européen toujours préoccupante, mais estiment que la confiance dans l'euro est rétablie et constitue, selon Benoît Coeuré, « une base solide (...) pour la reprise en Europe ».

« Le cours de l'euro (...) montre que les capitaux étrangers reviennent s'investir dans la zone euro », ajoute Jörg Asmussen, qui n'anticipe par ailleurs aucun risque de déflation. « Nous voyons que les anticipations d'inflation à moyen et long termes sont bien ancrées en dessous, mais très près de 2 % », explique-t-il.

Enfin, les deux hommes jugent le niveau de chômage inacceptable en Europe, mais estiment que la stratégie actuelle fondée sur des prix stables, un assainissement budgétaire et des
réformes structurelles finira par porter ses fruits.

Reuters

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