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Élection présidentielle au Mali : un premier tour sans incident

27/07/2013 09:53 EDT | Actualisé 26/09/2013 05:12 EDT

Les Maliens ont voté en grand nombre et dans le calme dimanche pour élire un nouveau président, espérant tourner la page sur l'instabilité qu'a connue le pays au cours de la dernière année.

Des résultats non officiels recueillis par les médias maliens notaient une nette avance pour l'ex-premier ministre Ibrahim Boubacar Keita.

Alors que des groupes djihadistes qui ont occupé le nord du pays avaient menacé de faire échouer l'élection, aucun incident n'a été remarqué, ce qui constitue un premier pas vers le redressement de l'État malien.

Dans le sud, où habitent 9 Maliens sur 10, les observateurs ont noté une forte mobilisation des électeurs, appelés aux urnes pour le premier tour de la présidentielle. Il s'agissait des premières élections depuis le coup d'État de mars 2012 et de l'occupation du nord du pays par les islamistes radicaux, qui a pris fin avec l'intervention de l'armée française en janvier.

Dans le nord du pays, où se trouvent Tombouctou, Kidal et Gao, le vote s'est déroulé sous la surveillance des Casques bleus et de l'armée malienne. Des milliers de soldats français et africains ont rétabli l'intégrité territoriale de l'État malien et une mission de maintien de la paix des Nations unies, la MINUSMA, forte de 12 600 hommes, est toujours en déploiement pour stabiliser le pays.

« Il nous faut cette élection, c'est crucial », estime Abdrahamane Touré, un employé de la poste qui s'est rendu dans une école de Bamako pour vérifier où il ira voter. « Une fois qu'on aura retrouvé un État légitime, les choses pourraient commencer à aller mieux. »

C'est aussi le souhait de la France, qui espère retirer une bonne partie de ses quelque 3000 hommes sur place d'ici la fin de l'année. Les pays donateurs ont promis plus de 3 milliards d'euros d'aide à la reconstruction après l'élection.

Les résultats de ce premier tour devraient être annoncés d'ici vendredi.

Le nouveau président devra négocier la paix avec les séparatistes touaregs, qui ont accepté un cessez-le-feu dans leur bastion de Kidal pour la bonne tenue du scrutin, deux semaines après la levée de l'état d'urgence.

Un second tour aura lieu le 11 août si aucun candidat ne parvient à passer la barre des 50 % de voix dès le premier tour.

Campagne pacifique

L'État « a la responsabilité d'assurer la sécurité des scrutins, a affirmé samedi soir le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, dans un discours retransmis à la radio-tévision nationale. « Il l'assurera, que personne ne s'y trompe ».

Le chef de l'État s'est également félicité du déroulement pacifique de la campagne électorale et a exhorté les candidats « à maintenir ce climat paisible, à n'envisager que les recours légaux, à ne pas insulter l'avenir ».

Face à des accusations sur d'éventuelles fraudes en préparation, il a assuré que le gouvernement en place n'interviendrait pas dans le décompte des résultats.

« Notre voeu et l'honneur retrouvé de notre démocratie, c'est qu'il y ait une compétition saine, des résultats acceptés parce qu'acceptables, et qu'au bout du processus, il y ait les félicitations de tous à celui ou celle que les urnes auront désigné(e) pour être notre président, notre présidente à tous », a-t-il dit.

Les observateurs « positivement surpris »

Des commentateurs avaient jugé qu'une élection organisée à la hâte pourrait déboucher sur des irrégularités et de nouvelles crises. Mais les autorités électorales assuraient avoir distribué 85 % des nouvelles cartes et promettaient la tenue d'un scrutin libre et équitable.

Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères et chef de la mission d'observateurs de l'Union européenne, dit avoir été « positivement surpris » par les préparatifs et a qualifié les conditions de vote d'acceptables.

« Le sentiment qui est le mien c'est que, dans le fond, les autorités transitionnelles ont montré une capacité d'organiser le processus électoral de manière assez opérationnelle et assez efficace, ce qui, en tout cas, ne permettra pas le moindre doute sur la légitimité de celui ou de celle qui émergera, in fine, de cette élection », a-t-il dit sur les ondes de RFI.

« Dire que ce sera une élection à 100 % parfaite : non, bien entendu, il y a la question du peu d'engouement des réfugiés pour s'inscrire, il y a la question des déplacés. Mais il faut quand même dire que tout ça est assez marginal. »

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