DIVERTISSEMENT

Le Festival d'Opéra de Québec lancé de façon grandiose (CRITIQUE/PHOTOS)

26/07/2013 11:03 EDT | Actualisé 28/07/2013 08:55 EDT
Courtoisie

La spectaculaire production La Damnation de Faust, mise en scène par Robert Lepage, était présentée en Première canadienne hier soir au Grand Théâtre de Québec dans le cadre du Festival d’Opéra de Québec, qui se déroule jusqu'au 5 août prochain. Avec une salle remplie à pleine capacité, les attentes étaient grandes. Elles ont toutes été comblées. Il s'agit là d'une production internationale grandiose.

Après avoir connu un vif succès à New York, (MET) à Paris (La Bastille) et à Tokyo, cette production est présentée ces jours-ci en exclusivité à Québec. On sentait toute la fébrilité d'une Première hier, autant en coulisses que dans la salle. L'opéra est dirigé pour quatre représentations par Giuseppe Grazioli dans une distribution toute canadienne avec, à l’avant-plan, la mezzo-soprano Julie Boulianne, qui est magnifique dans son rôle de Marguerite. L’opéra de Berlioz met aussi en vedette le ténor Gordon Gietz, le baryton bas Alexandre Sylvestre et la basse John Relyea, et plus de 230 chanteurs, danseurs, acrobates, figurants. Il s'agit de la plus grosse production d'opéra jamais présentée dans la capitale.

Une technologie de fine pointe

Cette œuvre musicale pour orchestre, solistes et chœur du compositeur français Hector Berlioz, inspirée de Faust de Johann Wolfgang von Goethe, est d'une richesse artistique inouïe. En ouverture de tableau, Faust est désespéré, il est possédé par le « mal du siècle », cette incapacité à atteindre le bonheur. Surgit alors Méphistophélès qui convainc l'érudit de le suivre dans une aventure pour reconquérir les plaisirs de la vie. Le décor est fixe et se métamorphose sous nos yeux par le biais de projections, d'éclairages et de simples manoeuvres. Tout l'opéra se déroule verticalement sur une structure métallique unique de quatre niveaux devant une surface qui, au moyen de projections, peut prendre les apparences de ces lieux divers qui rendent cette légende dramatique si difficile à scénographier. Un des grands moments de l’œuvre demeure la scène de Pâques, où cinq Christ crucifiés pivotant en une fraction de seconde à l’apparition du diable. Se succèderont une suite sans fin de soldats partant au combat et revenant morts dans une lente procession à la verticale. Plus tard, des danseuses classiques paraderont avec une grâce contemporaine émouvante. À l’animation des images, coordonnées avec la musique et les mouvements des artistes, la production québécoise a ajouté une double couche de projections, devant et derrière les échafaudages, donnant aux parfois lieux un aspect miroir. La principale scène qui nous fait profiter largement de ce système est « L’invocation à la nature », avec des arbres tridimensionnels qui se dessèchent au fur et à mesure que Mephistophélès avance sur scène et les touche.

Au cours de ce grand voyage entremêlé de magie, de démons et d'amour, Faust se précipitera pour secourir sa nouvelle flamme, la douce Marguerite. La destination finale sera toutefois tout autre, tandis que Méphistophélès réclamera son dû. Un grand opéra, une grande production, du grand Lepage.

Powder Her Face : un opéra irrévérencieux

Le public pourra également assisterdès la semaine prochaine à Powder Her Face, l’œuvre qui a rendu célèbre le compositeur Thomas Adès, et qui avait fait un tabac l’an dernier au même festival avec The Tempest. «Il s’agit d’un opéra plus facile mais destiné à un public averti, précise le directeur artistique du Festival M. Legendre. En effet, l’opéra, présenté dans la magnifique salle du Capitole, sera réservé à un public de seize ans et plus.

De l’Opéra partout et pour tous

Dans un objectif avoué de démocratiser l’opéra et de rajeunir la clientèle, plusieurs activités variées sont également prévues au cours des prochains jours, dont Marie-Josée Lord avec l’Ensemble Quartango et les danseurs argentins Roxana et Fabian Belmonte, une participation aux Grands Feux Loto Québec sur le fleuve ainsi que des randonnées lyriques inusitées : «les randolyriques». Il s’agit d’une prestation interactive à laquelle le public sera convié. Enfin, la Brigade Lyrique sillonnera la ville pour offrir des prestations et musiques en divers lieux.

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