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Le politicien chinois déchu Bo Xilai formellement accusé de corruption

25/07/2013 10:19 EDT | Actualisé 24/09/2013 05:12 EDT

Le politicien chinois déchu Bo Xilai sera traduit en justice d'ici quelques semaines pour répondre à des accusations de corruption et d'abus de pouvoir, a annoncé l'agence de presse officielle jeudi, ce qui devrait permettre aux nouveaux dirigeants du pays de se débarrasser de ce scandale gênant.

M. Bo, âgé de 64 ans, était une étoile montante de la politique chinoise qui dirigeait la métropole de Chongqing jusqu'à sa chute l'an dernier, en lien avec un scandale impliquant le meurtre d'un homme d'affaires britannique pour lequel sa femme a déjà été condamnée.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a annoncé jeudi que Bo Xilai avait été formellement accusé de corruption, de détournement de fonds et d'abus de pouvoir. Il sera jugé dans la ville de Jinan, dans l'est du pays.

Pendant des mois, l'affaire Bo Xilai incarnait la transition politique inachevée de la Chine et jetait une ombre sur les nouveaux dirigeants du Parti communiste chinois. M. Bo aurait été protégé par d'influents membres du parti et il était très populaire auprès des citoyens de la ville qu'il dirigeait.

« Laisser cette affaire traîner n'aurait fait que soulever des questions et des soupçons sur un possible désaccord politique au sein de la direction » du Parti communiste, explique Dali Yang, directeur du Centre de l'université de Chicago à Pékin.

En décidant de porter des accusations maintenant contre Bo Xilai, les dirigeants du parti se donnent le temps d'obtenir un verdict avant une importante réunion plus tard cette année, qui devrait permettre d'établir l'évolution économique du pays.

Une lutte politique?

En Chine, les procès de responsables de haut niveau accusés de corruption comme Bo Xilai ne sont pas tellement une question de procédures judiciaires, mais plutôt des décisions prises par les politiciens et les enquêteurs anticorruption du parti, qui sont ensuite annoncées par la cour.

Les procès de ce genre impliquent généralement peu de débats, et la plupart des procédures se déroulent hors de la vue du public.

L'annonce d'un procès contre Bo Xilai laisse penser que les dirigeants du Parti communiste se sont entendus sur la façon de gérer le cas de ce politicien, qui a encore des partisans au sein du parti et parmi la population, malgré le scandale.

« C'est très important pour (le nouveau président) Xi Jinping, parce que cela montre (...) qu'il est capable d'unifier les factions disparates non seulement au sein de la clique des princes rouges, mais au sein du parti dans son ensemble », estime Willy Lam, un expert du Parti communiste à l'université chinoise de Hong Kong.

« N'oublions pas qu'il y a encore beaucoup de gens qui soutiennent Bo Xilai et ses programmes. Il reste populaire non seulement à Chongqing, mais aussi dans d'autres parties de la Chine. »

Fermer le dossier une fois pour toutes permettra également aux dirigeants chinois de déclarer victoire contre la corruption et les autres abus de pouvoir, selon M. Yang.

« Mais les gens continueront quand même de se poser certaines questions, par exemple : jusqu'à quel point a-t-il été victime d'une lutte politique? », souligne-t-il.


Associated Press

 

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