Espagne: 80 morts dans le déraillement d'un train, la vitesse mise en cause (VIDÉO/PHOTOS)

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Au moins 80 personnes ont été tuées dans l'accident de train survenue mercredi 25 juillet à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne. Une tragédie, parmi les plus graves de l'histoire du pays, qui pourrait être due à une vitesse excessive. Trois jours de deuil national vont être observés. Plus de 176 personnes ont aussi été blessées.

L'accident s'est produit à 20h42 sur un tronçon de voie à grande vitesse, dans un virage très prononcé à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle, la ville de pèlerinage mondialement célèbre. Quatre wagons étaient renversés sur la voie, dont l'un complètement déchiqueté, de la fumée et des flammes se dégageant du convoi. Un autre a été projeté en l'air, jusque sur un terre-plein au-dessus de la voie.

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Plusieurs témoins ont raconté avoir entendu le bruit sourd d'une explosion. "J'étais chez moi et j'ai entendu comme un coup de tonnerre, très fort, j'ai vu beaucoup de fumée", témoignait Maria Teresa Ramos, une femme de 62 ans qui vit à quelques mètres du lieu de l'accident.

"C'était un désastre. Les gens criaient. Tous le monde est parti chercher des couvertures et des serviettes pour aider les blessés. Personne n'avait jamais vu cela ici".

Regardez des photos du drame (suite de l'article sous le diaporama) :

Déraillement d'un train en Espagne (24 juillet 2013)
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"J'ai entendu comme un coup de tonnerre. C'était comme s'il y avait eu un tremblement de terre", racontait aussi à l'AFP un témoin âgé de 39 ans, Francisco Otero, qui se trouvait dans la maison de ses parents, le long de la voie. "Je suis arrivé une minute plus tard. La première chose que j'ai vue a été le cadavre d'une femme", a-t-il ajouté, joint par téléphone.

"Mais surtout, ce qui m'a le plus impressionné, c'était un grand silence. Il y avait aussi un peu de fumée et un petit incendie", a poursuivi Francisco. "Tout cela était irréel. Il y avait des voisins qui s'approchaient, ils tentaient d'extraire les gens prisonniers des wagons, avec des pics, des masses, et finalement ils ont réussi avec une scie à main".

"Il semble que dans un virage le train ait commencé à se retourner, nous avons fait beaucoup de tonneaux", a raconté un passager, cité par la radio Cadena Ser.

Alors que les causes de l'accident ne sont pas officiellement connues, la presse montre du doigt une vitesse excessive sur un tronçon, empruntant un virage situé en zone urbaine, limité à 80 kilomètres/heure. "Grande vitesse mortelle", titrait le journal El Mundo, selon lequel le convoi était engagé à 220 kilomètres/heure dans cette courbe délicate, le virage de A Grandeira. "L'excès de vitesse est une des hypothèses qui prédomine", écrivait le journal.

Selon El Pais, le train circulait à 180 km/h en abordant le virage.

train espagne
La une de El Mundo

"Une enquête est en cours et nous devons attendre" pour connaître les causes de l'accident, a déclaré un porte-parole de la Renfe, la compagnie de chemin de fer. "Nous connaîtrons sous peu la vitesse quand nous analyserons les boîtes noires du train". Le train "n'a eu aucun problème opérationnel" et venait de passer une révision technique le matin même, a déjà affirmé jeudi le président de la compagnie ferroviaire publique Renfe, Julio Gómez-Pomar Rodríguez, interrogée par la radio privée Cadena Cope.

Le train venant de Madrid se dirigeait vers El Ferrol, sur la côte atlantique, et circulait à cet endroit sur un tronçon de la voie à grande vitesse galicienne, mise en service en décembre 2011, reliant la ville d'Ourense à Saint-Jacques puis La Corogne. Il transportait 218 passagers et 4 employés de la Renfe.

Le virage délicat où a eu lieu l'accident, au-dessus du point rouge :

Très vite, de longs convois d'ambulances, gyrophares allumés, se sont formés. La nuit venue, toutes les routes environnantes étaient envahies par un ballet d'ambulances, sirènes hurlantes, tandis que sur les voies, les secouristes casqués, vêtus de gilets jaunes, armés de pics, tentaient de se frayer un chemin dans les tôles froissées.

Cette catastrophe ferroviaire est l'une des plus graves jamais survenues en Espagne. En 1944, une collision entre un train qui se rendait lui aussi de Madrid en Galice et une locomotive avait fait des centaines de morts. En 1972, 77 personnes avaient été tuées dans le déraillement d'un train reliant Cadix à Séville, en Andalousie.

Rajoy sur place, Hollande exprime sa solidarité

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, natif de Saint-Jacques de Compostelle, s'est rendu sur place jeudi matin. "Je souhaite exprimer mon affection et ma solidarité avec les victimes du terrible accident de train de Saint-Jacques", avait-il lancé dans un message sur Twitter peu après le drame.

Le roi Juan Carlos d'Espagne et le prince héritier Felipe ont eux suspendu leurs activités officielles, tandis que la région s'apprêtait à observer sept jours de deuil, "le deuil le plus important de l'histoire de la région" selon le président galicien Alberto Nuñez Feijóo.

Le président François Hollande a exprimé jeudi la "solidarité la plus totale" de la France à l'Espagne. "Le président de la République a adressé aux autorités espagnoles un message de soutien et de compassion, et s'associe à la peine des familles des victimes", indique l'Elysée dans un court communiqué. De son côté, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a exprimé, "sa profonde émotion à la suite de la terrible catastrophe ferroviaire qui a frappé l'Espagne". "Il a adressé ce (jeudi matin) un message à Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol, pour lui faire part de la solidarité et du soutien du gouvernement français dans cette épreuve", ont ajouté ses services.

Depuis Rio de Janeiro, le pape François a invité à prier pour les victimes et leurs familles. L'accident s'est produit à la veille de la Saint-Jacques, le saint patron des Galiciens, une fête traditionnelle dans cette région. Toutes les cérémonies prévues à Saint-Jacques ont été annulées.

Voici les premières photos de la catastrophe ferroviaire, publiées sur Twitter:

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