POLITIQUE

Abolition des visas pour les Mexicains: cela pourrait prendre quelques années

25/07/2013 04:43 EDT | Actualisé 24/09/2013 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Même si l'imposition de visas aux Mexicains est un irritant majeur pour ce pays, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, croit que plusieurs années pourraient s'écouler avant que la situation ne change.

Il a fait cette déclaration jeudi lors d'un point de presse conjoint avec son homologue, le secrétaire des Affaires étrangères du Mexique, qui était en visite à Ottawa.

L'abolition de l'exigence de visa est «l'objectif» et le «but» du gouvernement canadien, a déclaré le ministre Baird, après une rencontre privée avec José Antonio Meade Kuribrena, lors de laquelle le sujet a été soulevé.

Mais bien que le ministre canadien dit souhaiter que la situation conflictuelle entre les deux pays soit «réglée dès que possible», et qu'il s'agit d'une «priorité», il semble que cela ne soit pas pour demain.

«Je pense que dans les quelques prochaines années on pourrait régler ce problème», a-t-il dit à deux reprises.

En novembre, le président du Mexique, Enrique Pena Nieto, était venu à Ottawa rencontrer le premier ministre Stephen Harper et la question des visas avait été discutée. Il avait même fait publier, à la veille de sa rencontre avec M. Harper, une lettre dans le quotidien torontois Globe and Mail, dans laquelle il exhortait le Canada à revoir sa politique.

Après leur rencontre, M. Harper avait indiqué que les fonctionnaires avaient pour mandat d'évaluer les options pour l'élimination éventuelle des visas. Jeudi, M. Baird n'a pas commenté la progression de ces travaux.

«La décision d'imposer des visas aux voyageurs mexicains n'a pas été prise à la légère», a-t-il précisé.

Celle-ci a évidemment eu un impact sur les travailleurs et les étudiants mexicains, sans oublier les conséquences sur l'industrie du tourisme.

Le Canada a décidé en 2009 d'imposer des visas en invoquant l'augmentation des demandes de statut de réfugié en provenance de Mexicains au cours des dernières années. Les demandes d'asile auraient triplé depuis 2005, selon le gouvernement canadien. Et bon nombre d'entre elles s'avéraient non fondées.

Jeudi, John Baird a toutefois souligné que la situation n'était pas due au Mexique ni aux Mexicains, mais bien au long et coûteux système de réfugiés du Canada. Il a fait valoir que le ministre de l'Immigration avait récemment fait adopter deux projets de loi pour réformer le système d'asile.

En février 2013, le Canada a notamment placé le Mexique sur sa liste de pays désignés comme «sûrs». Le Mexique étant officiellement considéré par Ottawa comme un pays qui ne produit pas de réfugiés, ceux qui se risquent à faire une demande voient leur dossier traité de façon accélérée, avec des droits d'appel en moins. Ce qui a pour effet de décourager les ressortissants mexicains à présenter des demandes.

«Nous surveillons étroitement l'impact de la désignation de pays sûr sur les demandes», a dit le ministre Baird, jeudi.

«Et nous sommes impatients de prendre d'autres mesures pour se débarrasser de l'exigence des visas», a-t-il ajouté.

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