DIVERTISSEMENT
23/07/2013 07:48 EDT | Actualisé 23/07/2013 07:56 EDT

Gala Juste pour rire: Stéphan Bureau rend hommage à Jean-Marc Parent


Habitué de tenir les foules en haleine pendant plusieurs heures d’affilée avec ses récits abracadabrants, Jean-Marc Parent n’a absolument aucun contrôle sur ce qui l’attend lundi soir, alors que Juste pour rire lui tendra un coup de chapeau dans le cadre de son traditionnel gala hommage. Plusieurs invités-surprises se relaieront sur scène pour adresser de bons mots à leur ami, effectuer un survol de sa carrière à travers différents sketchs et monologues et lui tirer gentiment la pipe. Le tout sous la gouverne de Stéphan Bureau, l’animateur de la soirée, pour qui il était tout à fait naturel de souligner le parcours exceptionnel du plus battant de nos humoristes.

«C’était une année de rendez-vous pour Jean-Marc», signale l’hôte du gala. «Il a 51 ans et célèbre cette année ses 25 ans de carrière. Les hasards du calendrier faisaient en sorte que c’était le bon moment pour le saluer.»

Stéphan Bureau se souvient être passé par toute la gamme des émotions quand, à l’été 1988, Jean-Marc Parent a foulé pour la première fois les planches de Juste pour rire avec son numéro de l’Handicapé qui l’a révélé aux Québécois et propulsé au rang de vedette. Assis dans la salle, le communicateur a d’abord été pris d’un malaise – comme tous les gens autour de lui – devant le propos cinglant de ce faux paraplégique, qu’on ne savait pas encore être une imitation. Puis, petit à petit, il a été séduit par le bagout du personnage, et a enfin été complètement estomaqué lorsque Jean-Marc s’est levé de son fauteuil roulant pour remercier l’assistance. L’étonnement généralisé ne laissait alors planer aucun doute: une étoile était née.

«C’est le genre de moment collectif où tout le monde pense la même chose en même temps», explique Stéphan Bureau. « On venait de voir quelqu’un qui était complètement inconnu, et qui allait se retrouver catapulté très loin dans l’univers. Cela été la même chose pour André-Philippe Gagnon et son We Are The World. Parfois, on assiste ainsi à la naissance de quelqu’un en sachant qu’il ne disparaîtra pas. Qu’au contraire, il ne fera que monter au firmament.»

«Du jour au lendemain, il avait déjà des demandes pour faire un show alors qu’il n’avait qu’un seul numéro en banque. Ça lui est tombé dessus à 25 ans, alors qu’il était un peu mieux équipé pour le vivre que si ça lui était arrivé plus tôt. À cet âge, tu n’es pas encore un homme mature et accompli, mais tu n’es plus un gamin, non plus. Cela été un choc brutal, mais c’est mieux que de passer sa vie à attendre le succès.» Jean-Marc était alors fraîchement gradué de l’École nationale de l’humour (qui venait d’ouvrir ses portes) et avait auparavant œuvré en tant qu’intervenant dans un centre de désintoxication pour alcooliques itinérants.

La résilience

Depuis, celui qu’on surnomme affectueusement JMP a sans cesse repoussé les limites de l’audace dans ses différents projets, que ce soit en remplissant le Forum de Montréal ou le Théâtre St-Denis pour des prestations-marathons de huit à vingt-cinq heures ou en incitant les téléspectateurs à flasher leurs lumières à l’unisson le dimanche soir. Notre homme aime faire les choses différemment… Ce qui n’a pas toujours l’heur de plaire à tous. Vers la fin des années 1990, Jean-Marc Parent est devenu la cible de virulentes critiques et d’incessantes railleries, si insistantes qu’elles auraient pu lui coûter l’affection de ses plus fervents adeptes.

«À l’époque, on lui a reproché une certaine vulgarité, une apparente facilité, une familiarité… Je pense qu’une partie de son public a toujours été avec lui et n’a jamais douté, mais le ressentiment et le ressac de la presse étaient tels, à un certain moment, que d’autres ont peut-être été “contaminés”. Je ne pense pas qu’il y ait d’autres exemples de cas extrêmes aussi marqués dans l’histoire de notre show-business. Être monté si haut, et avoir payé un prix aussi fort et être aussi unanimement conspué… Chez certaines personnes, ce n’était même plus de la critique, c’était du mépris. Ça devenait personnel, presque vicieux, et viscéral. Il faisait, ou était quelque chose qui déplaisait souverainement.», analyse Stéphan Bureau.

Jean-Marc Parent a alors eu le réflexe judicieux de s’éloigner un peu des projecteurs, afin de prendre du recul face à ses détracteurs et de faire le point sur sa carrière pour mieux rebondir par la suite. La pause aura duré, grosso modo, entre 3 et 5 ans – il ne s’est toutefois pas éclipsé totalement, jouant entre autres des petits rôles dans Les invasions barbares, de Denys Arcand, et la série télévisée L’Or – et s’est soldée par un retour que Stéphan Bureau qualifie de spectaculaire, avec la présentation de son 9e one man show, Urgence de vivre, en 2005. Or, 3 à 5 ans, «c’est long dans une vie».

«Il a choisi de se retirer ou, du moins, de se faire plus discret, parce qu’il portait une grande douleur. Et j’ai assez d’empathie pour comprendre la blessure que c’a pu engendrer. C’était normal qu’il questionne son envie de continuer. Mais il ne s’est pas effondré, et il a pris le temps de panser ses plaies et de respirer par le nez. Il a rebâti patiemment et très intelligemment sa force et sa confiance. Et, non seulement il a redonné à ses fans ce qu’ils attendaient, mais il a aussi converti des gens qui étaient dans le “clan ennemi”. Certains critiques ont été obligés de se rallier devant l’ampleur et la qualité de ce qu’il fait.»

Après être sorti indemne de cette traversée du désert, Jean-Marc Parent est-il désormais intouchable? En quelque sorte, croit Stéphan Bureau.

«Personne n’est intouchable, et je ne lui souhaite pas d’être complètement à l’abri d’une mauvaise critique, mais dans son cas, ça ne risque pas de se reproduire. On a eu la preuve qu’il était là pour rester et qu’il n’était pas intimidable. Il a même réussi à convaincre des gens qui ont été durs avec lui et qui ont changé d’opinion. C’est phénoménal.»

Pour Stéphan Bureau, Jean-Marc Parent est aujourd’hui au sommet de son art avec le spectacle Torture, qu’il promène partout en province depuis 2011.

«Il est drôle, hilarant, et je pense qu’il l’est de plus en plus en vieillissant. Torture est le point d’aboutissement de sa carrière. J’ai souffert d’avoir mal de rire en le voyant. Moi, je suis un spectateur converti depuis le premier jour!»

Le Gala Hommage à Jean-Marc Parent, animé par Stéphan Bureau, se tient ce lundi, à 20h, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Pour informations: www.hahaha.com.

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