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22/07/2013 08:52 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

Gala HaHaHaïti : rigoler pour Haïti

Agence QMI

Parce que le rire n’a pas de frontières, Montréal a tendu la main à Haïti, dimanche soir, à l’occasion du gala HaHaHaïti, un grand spectacle visant à financer une formation pour les humoristes haïtiens à Port-au-Prince dès l’automne prochain. Organisée conjointement par le Festival Juste pour rire, l’École nationale de l’humour et le Consulat général de la République d’Haïti à Montréal, la fête avait lieu au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, et était une opportunité en or pour les curieux d’ici de se familiariser avec l’humour d’un peuple proche du nôtre, et de renouer avec quelques-unes de ses personnalités chouchou.

L’animateur Rachid Badouri a été accueilli en superstar. Son monologue d’ouverture, très efficace, qui traitait notamment de son récent voyage à Haïti et de mariages multiculturels, a suscité de bruyants éclats de rires; la foule était littéralement pendue à ses lèvres. L’hôte s’est moqué gentiment du phénomène du Gangnam Style (devenu semble-t-il une façon de saluer en Corée) et a décoché une flèche à l’endroit de P.K Subban, le défenseur du Canadien de Montréal, dans un coup de gueule délicieusement ironique envers le racisme. « P.K. Subban, c’est le pire cauchemar d’un raciste. Il est noir, il est riche, il vit au Québec et il ne parle pas français! » Rachid a terminé avec un plaidoyer senti en faveur de l’immigration, auquel le public a répondu avec force applaudissements.

L’étoile montante Adib Alkhalidey a misé sur l’autodérision, et avec succès. Le protégé de Martin Matte, qui lancera son premier one man show à l’automne, s’est d’abord plaint de sa chevelure hirsute, que les gens ne peuvent s’empêcher de toucher, et a raconté l’histoire de sa cicatrice au visage, due à l’assaut d’un cheval, survenu en 2002. « J’ai subi un accident qui était à la mode au Moyen-Âge », a-t-il argué.

Anthony Kavanagh était à peine entré qu’il recevait déjà une ovation debout, assortie d’un torrent de sifflements et de cris de joie. Sans surprise, son charisme a rapidement opéré. Qu’il relate un passage au service à l’auto d’un restaurant, qu’il écorche les Juifs, les Indiens, les Arabes, les gros ou les pauvres, ou qu’il se compare à Corneille ou à Georges Laraque, Kavanagh a le chic pour mettre les spectateurs dans sa poche, et il s’est particulièrement démarqué, dimanche. Le parterre en redemandait.

La Montréalaise d’origine haïtienne Dorothy Rhau a de son côté joué la carte sexy. Des humoristes sélectionnés lors d’une récente mission d’auditions dans la perle des Antilles sont par la suite venus pousser quelques blagues. Parmi eux, Jorj a causé séduction avec une hilarante langueur (quelques personnes se sont spontanément levées pour l’acclamer à sa sortie de scène), Christina Guérin a énuméré les prénoms étranges en vogue dans son pays natal et fredonné une chansonnette comique, et Jean-Samuel André (qui était, à 23 ans, le plus jeune artiste du groupe), a abordé une tendance chère à sa génération, la technologie.

Au moment où le Huffington Post quittait le Théâtre Maisonneuve, des têtes d’affiche comme Mike Ward, Eddy King, Gabriel D’Almeida Freitas, et les découvertes haïtiennes Daniel Marcelin et Cynthia Jean-Louis, devaient encore venir faire leur tour de piste.

Dany Laferrière, porte-parole de HaHaHaïti, et le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, ont livré des allocutions en début de soirée. Le consul général d’Haïti à Montréal, Justin Viard, a lui aussi prononcé un long discours, dans lequel il a parlé de l’événement de dimanche comme d’un « spectacle qui vaut son pesant d’or », parce qu’historique. Il a annoncé qu’à l’automne, des humoristes québécois iront eux aussi se produire à Port-au-Prince, à la place du Champ de Mars et au Parc historique de la canne à sucre, dans une perspective « d’échange de savoir ».

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