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Harnois suspendue, est-elle victime?

19/07/2013 01:56 EDT | Actualisé 17/09/2013 05:12 EDT

La Québécoise Marlène Harnois a été suspendue pour deux ans par la Fédération française de taekwondo. Elle a annoncé à l'agence AFP son intention de faire appel.

« C'est forcément dur, a-t-elle dit. Je prends deux ans de suspension pour avoir dit la vérité en cohérence avec les valeurs olympiques qui m'ont tant apporté. Je ne regrette rien, ou plutôt si, je regrette la réaction solidaire des dirigeants fédéraux contre moi. J'ai voulu faire évoluer la situation. »

Médaillée de bronze à Londres dans la catégorie des moins de 57 kilos, Harnoisétait privée d'entraînement depuis le 6 avril en raison d'un « incident ». Elle avait dit qu'elle ne voulait plus revenir au sein de l'équipe de France. Elle avait expliqué au journal L'Équipe le 29 mai qu'elle était victime de harcèlement moral de la part de l'entraîneuse nationale Myriam Baverel.

« Il y avait des insultes, des menaces, du harcèlement moral, des agressions verbales violentes, des claques à certaines reprises, avait décrit Harnois. J'ai toujours accepté parce que j'ai toujours été obligée de composer avec Myriam pour pouvoir faire partie de l'équipe de France et réaliser mon rêve d'aller aux Jeux. »

La Montréalaise, naturalisée française en 2008, avait également mis en cause le directeur technique national (DTN), Philippe Bouedo.

« Je pense que c'est une athlète qui a disjoncté après les Jeux, s'était défendu le DTN français. Elle est en pleine dépression, elle est paumée. »

Aujourd'hui, Marlène Harnois est sanctionnée par la Fédération française, qui a visiblement fait son choix.

« Dans ma démarche, je faisais confiance à la Fédération et au mouvement sportif, jusqu'à preuve du contraire. Et le contraire est vrai »,a affirmé Marlène Harnois, qui souhaite reprendre rapidement l'entraînement.

« Jamais je ne renoncerai à mes rêves, ou je trahirais mes valeurs, a-t-elle écrit sur Twitter, vendredi. J'aime le taekwondo. Et les Jeux, c'est ma vie! Mon destin m'appartient. »

Son avocat, Aurélien Hamelle, a dénoncé une commission« juge et partie » et il a annoncé son intention de saisir la commission d'appel fédérale, puis éventuellement la justice administrative.

On attend les conclusions de l'enquête demandée par la ministre française des Sports, Valérie Fourneyron, auprès de l'Inspection générale de la jeunesse et des sports, le 30 mai dernier. Les résultats devraient être connus à la fin du mois de juillet.

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