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Détroit : la faillite pour mettre fin à 60 ans de déclin

19/07/2013 10:20 EDT | Actualisé 18/09/2013 05:12 EDT

« La faillite va nous permettre de nous concentrer sur ce qui est le plus important: la santé, la sécurité et le bien-être des citoyens de Détroit », a déclaré vendredi l'avocat Kevyn Orr, nommé en mars par le gouverneur du Michigan pour redresser la situation financière de la ville qui vient de déclarer faillite.

M. Orr tenait une conférence de presse vendredi matin sur la faillite de Détroit, en compagnie du gouverneur du Michigan Rick Snyder. Jeudi, la Ville s'est placée sous la protection des tribunaux, une décision qui doit être approuvée par la cour fédérale.

« Il y a 700 000 citoyens qui ne méritent pas de ne plus avoir de futur devant eux et de juste voir s'accumuler les dettes, les dettes et encore les dettes », a poursuivi Kevyn Orr, rappelant que la faillite lui permettra de liquider les actifs de la Ville pour rembourser en partie ses créanciers.

Le gouverneur Snyder a ajouté que la banqueroute allait permettre à la Ville d'assurer les services essentiels à la population en lui donnant la marge de manoeuvre nécessaire pour payer ses employés.

Mettre fin au déclin

Le gouverneur du Michigan voit aussi la banqueroute comme un moyen de mettre un terme au déclin que connaît Détroit depuis 60 ans. « Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut dire qu'il aime le Détroit d'il y a 5 ans? D'il y a 10 ans? D'il y a 15 ans? Ça fait combien de temps que cela dure », a-t-il demandé. « Nous sommes arrivés à un point où l'on ne peut plus continuer à repousser éternellement le problème ».

Après la faillite, Détroit pourra renaître, « plus forte et meilleure », croit le gouverneur.

Autrefois quatrième ville des États-Unis, Détroit est devenue jeudi la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Elle était en difficulté depuis plusieurs années après un important déclin de sa population, une mauvaise gestion municipale et une baisse de ses recettes fiscales. La crise de l'automobile est venue donner le coup de grâce à l'économie de cet ancien berceau américain de l'industrie automobile.

Aujourd'hui, la municipalité a épuisé ses liquidités, son déficit budgétaire est de 100 millions de dollars américains et sa dette est de plus de 18 milliards. En juin dernier, elle avait dû faire défaut pour une partie de sa dette.

Détroit doit maintenant attendre la décision d'un juge qui doit déterminer si la ville peut se placer sous la protection de la loi sur les faillites, ce qui lui permettra de renégocier sa dette comme l'espèrent MM. Orr et Snyder.

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