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Les spectacles-bénéfices sont-ils bénéfiques?

17/07/2013 06:11 EDT | Actualisé 16/09/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

Chanter pour les sinistrés, les déshérités ou encore les malades est entré dans les moeurs. Pour venir en aide aux sinistrés de Lac-Mégantic, par exemple, les spectacles se multiplient au Québec.

Certains artistes et animateurs sont sans cesse sollicités. L'auteur-compositeur-interprète Paul Piché est de ceux-là. « C'est normal [d'être sollicité] par tout le monde et pour toutes sortes de causes. Il faut que je fasse un choix », dit-il. Toutefois, Paul Piché estime qu'il est rare qu'un spectacle-bénéfice soit « payant pour une cause ».

Le concert-bénéfice présenté au Métropolis à la mémoire de Denis Blanchette a été l'un des plus rentables de l'histoire du Québec. Ce technicien de scène avait été abattu par balle le 4 septembre 2012, lors d'un attentat en pleine soirée électorale. Or, dans le cas de ce concert, la salle, entre autres, avait été mise à la disposition des organisateurs gratuitement.

En 1971, George Harrison avait littéralement inventé le concept de concert-bénéfice en réunissant quelques amis - Bob Dylan, Ringo Starr, Eric Clapton - au Madison Square Garden. À l'époque, près de 10 millions de dollars avaient été recueillis afin d'être versés à l'UNICEF et, ultimement, aux réfugiés de la guerre civile au Bangladesh.

Mais, le critique musical Philippe Renaud rappelle que les organisateurs de l'événement avaient omis de s'inscrire à titre d'organisme à but non lucratif. Conséquence : les dons recueillis avaient été coincés dans un compte de l'Internal Revenue Service (IRS). Ce fiasco fiscal n'avait été démêlé qu'au bout de 10 années, au terme desquelles les fonds avaient enfin été versés.

En 1985, le spectacle Live Aid, organisé par Bob Geldof, a fait école en permettant de récolter la somme record de 250 millions de dollars pour les victimes de la famine en Éthiopie. Mais, cette fois là encore, il avait été difficile de remettre l'argent aux victimes : « Les organismes sur place avaient de la difficulté à gérer ça et le gouvernement [éthiopien] s'était emparé de la nourriture [...] », affirme Philippe Renaud. Cet argent-là a-t-il servi à aider la cause des Éthiopiens? La question est encore débattue de nos jours, poursuit en substance Philippe Renaud.

De l'avis d'observateurs, le réel bénéfice se trouve peut-être dans l'éveil des consciences de milliers de personnes que suscitent ces événements à grand déploiement. À ce titre, la tournée d'Amnistie internationale, en 1988, a contribué à la fin du régime ségrégationniste en Afrique du Sud.

D'après le reportage d'Émilie Dubreuil

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