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Des médias examinent la zone rouge à Lac-Mégantic (VIDÉO)

16/07/2013 09:20 EDT | Actualisé 15/09/2013 05:12 EDT

LAC-MÉGANTIC, Qc - Pour la première fois depuis la catastrophe ferroviaire du 6 juillet, à Lac-Mégantic, des représentants de médias d'information ont pu, mardi matin, s'approcher de ce qui est appelé la zone rouge, le lieu où les pires dégâts ont été causés.

Sous escorte policière, le petit groupe de journalistes a pu ainsi observer le travail des équipes de recherche. Les médias n'ont toutefois pas eu accès à la zone rouge, considérée comme une scène de crime par la Sûreté du Québec (SQ). Cependant, il leur a été possible pendant environ 90 minutes d'examiner ce qui s'y passe, à travers une clôture.

«Ça donne la chair de poule, a prévenu Michel Brunet, de la Sûreté du Québec, juste avant de commencer la visite. Pour les gars qui ont vécu ça les premières heures, c'était assez difficile.»

«Sur le plan émotif vous allez pouvoir décrire la scène», a expliqué son collègue Michel Forget, en rappelant qu'il s'agissait d'une procédure exceptionnelle d'autoriser les médias à visiter les abords des lieux d'une catastrophe de cette ampleur.

Du haut d'un petit promontoire près de l'aréna, les représentants des médias ont d'abord pu avoir un panorama plutôt sinistre des lieux touchés, une vaste zone où des excavatrices dotées de pinces étaient au travail, des bulldozers munis de treuils soulevaient un wagon, des camions de pompage drainaient les égouts, avec un bruit constant de génératrices et de machineries.

Puis, les journalistes ont pu s'approcher à environ 400 mètres au sud du lieu des explosions, en passant par la rue principale, la rue Frontenac, bordée d'établissements déserts. Dans la continuité de la rue principale vers le nord, avec au loin l'église Sainte-Agnès, on pouvait apercevoir un no man's land béant et des amoncellements de gravats. Il y avait là jusqu'au 6 juillet des commerces, entre autres un Dollarama, la bibliothèque, une ancienne église et le tristement célèbre Musi-Café. C'est près de là que se trouve un amoncellement indénombrable de wagons détruits, dont certains se sont enfoncés dans le sol sous la force de l'impact. Le vent du sud charriait des odeurs de goudron et de roussi.

Une reporter d'un média local a semblé très ébranlée par la scène de ce centre-ville à moitié dévasté.

Les journalistes ont par la suite été conduits vers l'ouest, en traversant un quartier avec beaucoup de cachet, vidé de ses habitants, qui mène à la rive du lac Mégantic. Du parc des Vétérans et du parc Dourdan, la scène n'est que désolation: des arbres calcinés, des lampadaires et des rampes fondus, des arbres calcinés, avec en arrière-plan, les montagnes. Même les pierres de la jetée ont fendu et noirci sous l'effet de la chaleur.

La déflagration semble avoir soufflé dans l'axe sud-ouest, avec pour conséquence que des maisons situées à côté de l'impact, au nord-est, ont été épargnées alors que la rive du lac, à au moins 300 mètres, a été frappée. La coulée de pétrole s'échappant des wagons éventrés aurait pu peut-être ainsi suivre le dénivelé, la pente vers le lac.

Sur le plan d'eau, il y avait encore des taches huileuses, apparemment un film de pétrole, contenu par des estacades. Un camion-citerne pompait l'eau au moment de la visite, et des équipes extrayaient des carottes de terre du sol.

Les autorités affirment que le travail en zone rouge demeure délicat, en raison de la présence de matières explosives et de la forte chaleur qui enveloppe Lac-Mégantic.

Le secteur désigné maintenant comme étant la zone rouge comprenait une trentaine de bâtiments avant que la catastrophe ne survienne. C'est à cet endroit que le déraillement de citernes du convoi de la Montreal, Maine and Atlantic a provoqué un gigantesque incendie.

Depuis, 38 cadavres ont été trouvés et une douzaine d'autres personnes demeurent disparues.

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