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Un handicapé intellectuel sur le point d'être exécuté en Géorgie

15/07/2013 02:56 EDT | Actualisé 14/09/2013 05:12 EDT
AP

WASHINGTON - Un juge a temporairement suspendu l'exécution prévue d'un homme noir en Géorgie, aux États-Unis, alors que le condamné devait subir la peine capitale lundi soir.

Les avocats ont soulevé des doutes quant à l'approvisionnement des poisons nécessaires à l'exécution.

Selon un avocat de Warren Lee Hill, le juge a prévu mardi une audience dans cette affaire.

Il ne s'agit pas de la première fois que l'exécution prévue de Hill est reportée par une remise en cause de la méthode d'exécution employée dans cet État. En juillet 2012, l'injection létale avait été suspendue en raison d'une contestation des intentions de l'État de passer de l'injection de trois drogues à celle d'une seule dose de pentobarbital.

La Cour suprême de l'État a plus tard autorisé l'exécution, bien que la peine capitale eut une fois de plus été suspendue pour que les tribunaux puissent se pencher sur les affirmations selon lesquelles Hill souffre de déficience intellectuelle. Cette nouvelle suspension a été annulée en avril dernier.

Warren Lee Hill est en effet qualifié de «déficient intellectuel» par les médecins, et purge une peine de prison à vie pour avoir tué sa petite amie. Sa détention à perpétuité a été transformée en peine de mort quand il a tué son compagnon de cellule en 1990 en le frappant dans son sommeil avec une planche recouverte de clous.

Les avocats de M. Hill font valoir depuis longtemps que l'exécution de leur client est illégale parce qu'il est atteint d'une déficience intellectuelle. Warren Lee Hill a un quotient intellectuel de 70.

Exécuter des criminels souffrant d'un handicap mental est interdit à la fois par les lois géorgiennes et par une décision de la Cour suprême datant de 2002.

Les partisans de M. Hill se sont rassemblés à travers l'État lundi pour demander le report de son exécution, alors que la Cour suprême évalue la possibilité de se pencher sur le dossier.

«Nous pensons (que la peine de mort) est contre-productive et n'a aucun but», a déclaré Edward DuBose, président de la section géorgienne de la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP), lors d'un précédent rassemblement.

Il y a présentement 3000 condamnés dans le couloir de la mort aux États-Unis, et plus de 40 pour cent d'entre eux sont des hommes noirs.

«M. Warren Hill a tué quelqu'un», a expliqué M. DuBose. «Nous ne disons pas qu'il ne devrait pas être puni. Mais la Géorgie est sur le point de s'engager dans un acte extrêmement barbare et inhumain, soit de tuer une personne qui n'est probablement pas capable de comprendre qu'elle est sur le point d'être exécutée.»

M. Hill est passé tout près d'être exécuté par injection mortelle à deux reprises, mais il a été sauvé par des décisions judiciaires de dernière minute. Dans l'un des cas, la décision est arrivée si tard que le condamné avait déjà mangé ce qu'il croyait être son dernier repas.

Brian Kammer, l'un des avocats de M. Hill, a récemment déclaré que l'intervention de la Cour suprême était l'une des «dernières possibilités» de sauver la vie du condamné. «Tous les experts qui ont évalué Warren s'entendent: il souffre d'un handicap intellectuel», a-t-il dit.

«L'exécution de M. Hill serait donc une erreur judiciaire grotesque. (...) Ce cas présente les circonstances extraordinaires dans lesquelles un individu non admissible à la peine de mort est sur le point d'être exécuté. M. Hill n'a plus de recours, sauf l'intervention du plus haut tribunal du pays.»