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Les touristes affluent à Lac-Mégantic, mais pas dans les villages avoisinants

13/07/2013 10:16 EDT | Actualisé 12/09/2013 05:12 EDT
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Mayor Colette Roy-Laroche holds a press conference July 9, 2013 in Lac-megantic, Quebec, Canada, to announce that displaced residents would be able to return to their homes following the derailment and explosion of a freight train operated by Montreal, Maine & Atlantic Railway early Saturday, that unleashed a wall of fire that tore through homes and businesses in Lac-Megantic -- population 6,000. PHOTO STEEVE DUGUAY-AFP (Photo credit should read STEEVE DUGUAY/AFP/Getty Images)

La mairesse de Lac-Mégantic avait lancé un cri du coeur en demandant aux touristes de revenir dans sa ville. L'appel semble avoir été entendu: les visiteurs affluent, mais pas en assez grand nombre pour soutenir l'économie des municipalités avoisinantes, comme Piopolis, où le tourisme est un poumon économique.

La catastrophe de Lac-Mégantic avait dissuadé de nombreux touristes de se rendre dans la région, craignant notamment que la fuite de pétrole brut n'ait pollué les lacs et les cours d'eau avoisinants. Une crainte non justifiée, disaient les élus.

Une semaine plus tard, la situation a changé du tout au tout. « Ça fait l'effet inverse maintenant. Les gens appellent en masse. C'est la folie », explique Marc-André Bédard, le responsable des activités et du marketing au camping de la Baie-des-Sables de Lac-Mégantic.

Certains ont même décidé de changer leurs destinations de vacances, après la catastrophe, afin de venir soutenir l'économie de la région. C'est le cas de Sébastien Boutin et de sa famille, qui devaient aller en vacances au Lac-Saint-Jean.

« On a décidé de venir ici, au lieu d'aller flamber de l'argent là-bas, on va venir le dépenser ici, pour encourager le commerce ici », dit M. Boutin, qui profite de la journée pour faire du cyclisme Il n'y a pas que les touristes qui profitent des activités en plein air, cette fin de semaine. Des résidents de Lac-Mégantic, ont aussi voulu se changer les idées. « Ça fait du bien, on essaye de passer à autre chose, mais on ne pourra jamais enlever ce qui s'est passé », explique Roger Nadeau, qui est venu jouer au golf.

Le directeur du club de golf de Lac-Mégantic espère que la tendance va se maintenir, car son terrain a été désert, depuis la catastrophe. « En termes d'argent pour nous, une semaine comme ça c'est 25 000$ à 30 000 $ environ de revenus qui rentrent, on est très très loin de ça », dit David Laplante.

Les municipalités environnantes souffrent aussi de la baisse de l'activité touristique

Piopolis, à une vingtaine de kilomètres de Lac-Mégantic, compte 350 résidents l'hiver, mais ce chiffre double normalement pendant la période estivale. L'activité touristique, qui est le moteur économique de la région, tourne au ralenti, depuis une semaine. Le lac qui est un coin prisé par les pêcheurs, la marina qui attire de nombreux plaisanciers, ou encore le centre équestre qui fonctionne à plein régime au mois de juillet ont tous été désertés par les touristes.

« Tout autour, il y a encore des choses à voir, ce n'est pas juste la catastrophe partout. Au camping, il y a des gens qui annulaient, parce qu'ils pensaient que le lac était plein de pétrole, ce qui est complètement faux », se désole le maire, André St-Marseille. En fait, le pétrole brut qui s'est déversé dans le lac Mégantic se trouve principalement dans un seul et même secteur, car les équipes d'urgences ont réussi à le contenir, grâce à des berges flottantes.

Si certains ont pensé à tort que tout le secteur était pollué, d'autres ont annulé leur séjour, estimant qu'il était de mauvais goût de venir en vacances, dans une région dont les habitants sont encore sous le choc. « Il y a des gens qui se sont sentis mal à l'aise de venir s'amuser dans notre région », estime Delphine Verreault, la propriétaire du centre équestre touristique Le vent du sud, à Piopolis.

Pourtant, c'est justement en venant visiter la région que les gens pourront aider les résidents, selon elle. Le centre équestre réalise plus de 70 % de son revenu annuel durant la période estivale. « On a besoin de vos sourires, de votre bonne humeur, de votre chaleur, pour pouvoir justement se relever. On va avoir un centre-ville à rebâtir, mais on ne veut pas avoir une région au grand complet à rebâtir », dit Mme Verreault.

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