BIEN-ÊTRE

Les dérives alcooliques prévisibles dès la maternelle ?

12/07/2013 02:57 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

Une étude américaine montre que les traits de personnalité des enfants durant leurs cinq premières années peuvent permettre de prédire s'ils boiront ou non de l'alcool à l'adolescence.

"On n'entre pas dans l'adolescence vierge de tout; on dispose d'expériences de vie que l'on porte en soi, qui datent du plus jeune âge", explique Danielle Dick, psychologue de l'université Virginia Commonwealth aux États-Unis, co-auteur de l'étude. "C'est une des tentatives les plus complètes pour comprendre les signes précurseurs de la consommation d'alcool à l'adolescence dans une grande cohorte épidémiologique, dès les premières années de vie". 

Le professeur Dick et son équipe ont utilisé des données statistiques britanniques comprenant des chiffres sur des enfants nés entre avril 1991 et décembre 1992. On nota les caractéristiques de tempérament à six mois puis tous les ans jusqu'à la sixième année de 6.504 garçons et 6.143 filles. On enregistra par la suite la consommation et les problèmes d'alcool à l'âge de 15 ans et demi.

Il en ressort que les traits de caractère ayant le plus fort degré de corrélation avec la consommation d'alcool à l'adolescence se situent des deux côtés du spectre : d'un côté l'instabilité émotionnelle et la faible sociabilité, et à l'extrême inverse, l'extraversion très poussée entraînant souvent "la recherche de sensations" plus tard dans la vie. "Cela indique des voies très différentes vers l'alcool qui émergent tôt, avec d'importantes implications pour la prévention", a noté Danielle Dick.

"Cela souligne le fait que la consommation d'alcool à l'adolescence est en général un phénomène social", et d'ajouter, "cependant, cela ne veut pas dire qu'il soit moins problématique; nous savons grâce à d'autres études que la plupart des adolescents qui boivent prennent des risques (avec le binge-drinking notamment) pouvant entraîner de nombreuses conséquences négatives".

Cette étude est parue en ligne récemment dans la revue Alcoholism: Clinical and Experimental Research.

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