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L'éducation reste l'arme la plus puissante contre les extrémistes, dit Malala

12/07/2013 12:34 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

C'est par un discours devant les Nations unies que la militante Malala Yousafzai, rescapée d'un attentat des talibans, a célébré vendredi son 16e anniversaire. Cette jeune Pakistanaise blessée à la tête pour avoir fait la promotion de l'éducation chez les filles a profité de cette tribune internationale pour reprendre le combat là où elle l'avait laissé.

Coiffée d'un voile rose, la jeune adolescente a constaté, dans sa première apparition publique depuis l'attaque d'octobre 2012, que l'éducation est toujours la meilleure façon d'améliorer des vies.

« Laissez-nous prendre nos livres et nos crayons. Ils sont nos armes les plus puissantes. Un enfant, un professeur et un livre peuvent changer le monde. L'éducation est la seule solution », s'est-elle exclamée.

La peur des extrémistes

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et près d'un millier d'étudiants de partout dans le monde se sont rendus à New York pour écouter la jeune fille.

Dans un discours, Ban Ki-moon a lancé un message aux terroristes. « En ciblant Malala, les extrémistes nous ont montré ce qu'ils craignaient le plus : une petite fille avec un livre. Quand les filles sont éduquées, quand les jeunes sont éduqués, les terroristes en ont peur, plus que toute autre chose », a-t-il déclaré.

Le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Vuk Jeremic, croit que la persévérance de la jeune Malala « est la preuve vivante que des actions extraordinaires menées par une seule personne peuvent apporter de l'espoir à des millions de victimes de préjugés et de discrimination ».

« Son rêve est que rien, pas même de l'indifférence politique, de l'intimidation, des menaces ou les balles d'un assassin, ne puisse jamais renier le droit d'un enfant d'aller à l'école », a pour sa part affirmé l'envoyé spécial des Nations unies pour l'Éducation mondiale, Gordon Brown. En 2012, en soutien à la jeune militante, il avait présenté au gouvernement pakistanais une pétition d'un million de signatures

Retour sur l'attentat

L'adolescente a été la cible en octobre dernier d'une tentative d'assassinat, en pleine rue à Mignora, dans la vallée de Swat, par des combattants du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) lié à Al-Qaïda.

L'adolescente revenait de l'école à bord d'un autobus scolaire lorsqu'un homme armé a arrêté le véhicule. Il est monté à bord, a demandé qui était Malala et a fait feu sur elle.

Malala Yousufzai était une enfant connue au Pakistan. Elle avait attiré l'attention en 2009, à l'âge de 11 ans, en racontant dans un documentaire télévisé de la BBC la fermeture de son école par les talibans, au nord-ouest de la capitale Islamabad. Elle avait continué de correspondre par la suite avec la BBC sous un nom d'emprunt pour protéger son identité. Elle racontait dans ses récits le quotidien et la vie d'une jeune fille sous le régime des talibans, qui ont tenu la vallée de Swat de 2007 à 2009.

À l'époque, les talibans pakistanais avaient justifié leur attaque en expliquant, dans un communiqué de presse, que « Malala a été prise pour cible pour son rôle de pionnière dans la défense de la laïcité et de la soi-disant modération des Lumières ».

Chez les modérés du Pakistan, la nouvelle de l'attentat avait provoqué une profonde vague d'indignation, où les élus et les modérés ont affiché publiquement leur dégoût et leur désapprobation devant un tel geste.

Incapable de retourner chez elle pour des raisons de sécurité, la jeune Malala réside aujourd'hui en Grande-Bretagne, là où elle a été soignée en 2012. L'adolescente avait dû être opérée pour retirer des balles de son crâne et de son cou. 

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