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Multiplication des petites compagnies ferroviaires au pays

11/07/2013 01:45 EDT | Actualisé 09/09/2013 05:12 EDT
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La Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), la compagnie ferroviaire dont le convoi a provoqué la catastrophe de Lac-Mégantic, exploite l'un des quelque 40 chemins de fer d'intérêt local (CFIL) au Canada. Les entreprises de ce type se sont multipliées depuis la vente de tronçons jugés moins rentables par le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP), dans les années 1980 et 1990.

Le CN et le CP ont alors conservé les voies les plus rapides, situées pour la plupart dans les axes est-ouest qui permettent de traverser le Canada. Ces deux géants, qui sont intimement liés à l'histoire du pays, ont alors misé sur les lignes qui leur permettraient d'expédier les marchandises rapidement, sur de longues distances. De nombreuses gares de villages ont été abandonnées dans ce processus.

Les installations mises en vente par le CN et le CP, dont les infrastructures étaient souvent vieillissantes, ont été rachetées par des investisseurs qui ont tenté de les rentabiliser.

Ces tronçons servent généralement à assurer la desserte d'industries situées dans de petites localités, notamment dans le secteur des mines et de la foresterie.

Depuis trois ans, avec le boom de la production de pétrole de schiste aux États-Unis, certains CFIL ont commencé à transporter de plus en plus de produits pétroliers, ce qui s'est avéré un filon particulièrement lucratif.

Plusieurs de ces petites entreprises peinent toutefois à investir dans leurs infrastructures. Dans un document de présentation, l'Association des chemins de fer du Canada explique que « leur capacité financière limitée les empêche d'adapter leur infrastructure à la circulation des wagons de 286 000 livres, qui sont devenus la norme dans le secteur ferroviaire nord-américain ».

Depuis 2007, seulement au Québec, les gouvernements provincial et fédéral ont versé aux CFIL plus de 70 millions de dollars pour les aider à entretenir leurs réseaux.

Mario Brault, qui dirige les activités canadiennes de la compagnie ferroviaire Genesee and Wyoming, estime toutefois que tous les CFIL ne doivent pas être mis dans le même panier. Certaines de ces entreprises, qui arrivent à maintenir une densité de trafic suffisante, sont capables de dégager les liquidités nécessaires pour réaliser des travaux d'infrastructures.

Selon M. Brault, les chemins de fer d'intérêt local entretiennent des relations plus étroites avec les municipalités et les communautés qu'elles desservent que peuvent le faire les grands réseaux que sont le CN et le CP.

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