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Zoofest 2013: Martin Perizzolo et son Q (CRITIQUE)

11/07/2013 02:34 EDT
Courtoisie / Zoofest

Souvent considéré comme un humoriste intelligent, Martin Perizzolo a cette fois voulu aller à contresens… Il n’y a pas 1000 façons d’illustrer de quoi il est question dans son spectacle Q, quoique l’on retrouve certes un paradoxe entre la simplicité de cette lettre et la manière dont l’humoriste perçoit le sexe. Et c’est sur cette complexité qu’il s’acharne pendant approximativement 80 minutes, il en est d’un grand défoulement!

Visiblement frustré de certaines relations passées, Martin Perizzolo présente non seulement ses théories sur le sexe, mais également sur l’amour. « L’amour ne rend pas aveugle, l’amour rend myope », déclare-t-il quant au manque d’objectivité qu’un partenaire peut avoir envers sa blonde. Il avance également quelques concepts sur les ruptures. « Si ta relation se termine bien, c’est qu’elle se termine trop tard », s’exclame-t-il pour rire de gens qui invitent leur ex-copain à souper deux semaines après l’avoir laissé ou qui ne sentiront aucune gêne à inviter leurs anciens partenaires à leur mariage.

Le célibataire qui ne cherche plus la femme parfaite, mais bien « la moins pire personne » pour lui, dépeint aussi le terme salope en lui cherchant un équivalent masculin. « Il n’y en a pas », dit-il après avoir expliqué aux spectateurs que le terme « salaud » n’est pas assez fort et que son dérivé franco-français « salopard » « ne peut être moins viril que le mot à la base ».

De la tête au cul

Le contraste entre le ton du blagueur et ses propos est décontenançant. Et c’est ce trouble qui séduit également la foule tout au long de son spectacle. Il y a un écart marqué entre ses propos vulgaires et crus, et son ton très posé. Avec sa voix très basse, on aurait dit que le comique se transforme parfois en animateur radio de fin de soirée qui pète sa coche alors qu’il devrait présenter une chanson de Joe Dassin.

Bien sûr, la gent féminine rit très jaune lorsqu’il se prononce sur les odeurs des parties intimes, sur la façon dont il perçoit les cris de jouissance des femmes, ou encore sur sa vision noble de dire à une fille qu’il l’a trompée. On observe dans la salle certaines demoiselles qui rient aux larmes, d’autres qui se renfrognent clairement. Chose certaine, il ne laisse personne indifférent.

Pour en donner, il en donne… du sexe. Mais il ne rate pas les occasions de glisser des réflexions psychologiques au travers ses propos. Le public savoure le moment où Perizzolo raconte comment quelqu’un peut finalement aimer une personne qu’il détestait à la base. « La haine va changer de texture », affirme-t-il, avant de ramener ses propos dans les tranchées, en pleine guerre, pensant convaincre un adversaire de ne pas le tirer s’il lui dit qu’il ressent un profond respect pour lui.

Tête à cul, tête à queue… Les jeux de mots sont faciles, mais il est vrai que Perizzolo ajoute une belle touche d’intelligence à ses propos sur le sexe… Au fond, qui a dit qu’un humoriste qui parlait de sexe ne pouvait pas être brillant?

Q de Martin Perizzolo – 12 et 13, 16 au 20, 23 au 27 juillet – Cabaret du 4e, Monument-National