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Sèxe Illégal: Unplugged In New York à Juste pour rire (ENTREVUE)

10/07/2013 05:43 EDT | Actualisé 10/07/2013 06:42 EDT
Courtoisie

Le légendaire duo Sèxe Illégal honorera le Festival Juste pour rire de sa présence avec le spectacle Sèxe Illégal Unplugged In New York à Montréal, où il offrira un tour d’horizon de sa prolifique carrière et proposera du matériel inédit.

Mais pourquoi diable deux méga-vedettes de la trempe de Paul Sèxe et Tony Légal consentent à venir se commettre dans le cadre d’un événement humoristique québécois, alors que les plus grandes scènes du monde les appellent et qu’on réclame encore à grands cris leur musique un peu partout sur le globe ?

« C’est vrai qu’au début, on disait qu’on ne faisait pas d’humour, explique Tony. On était un peu gênés. Mais on a vraiment constaté que l’argent, au Québec, est dans le domaine de l’humour. Les gens ne paient pas pour la musique, ils la downloadent illégalement, ils ne viennent pas aux spectacles… C’est très difficile pour les artistes musicaux. On est avec eux de tout cœur, mais nous, on a décidé d’aller là où est l’argent. Quand on a vu que Jean-Michel Anctil s’achetait des petites chinoises, on s’est dit : “Calvaire, il doit être riche, cet hostie-là!” Alors, on a décidé de se lancer, et laisse-moi te dire qu’on est prêts à faire un hit à Juste pour rire aussi », ajoute le gaillard, on ne peut plus sérieux.

Mise en contexte, pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec l’univers absurde des joyeux drilles de Sèxe Illégal : révélé en 2011 grâce à l’émission En route vers mon premier gala Juste pour rire, le tandem joue la carte de la dérision extrême en incarnant deux chanteurs rock de renommée planétaire, dans la lignée des Rolling Stones ou des Beatles. Forts de leurs 40 ans de métier et de leur statut d’idoles de toutes les générations, Paul et Tony (noms fictifs, évidemment) peuvent se permettre d’émettre sans censure leurs opinions et ne se gênent pas pour exprimer tout haut ce que plusieurs n’osent même pas penser tout bas. Bien sûr, leurs interprètes sont humoristes, mais ne tentez pas de les extirper de leurs personnages, même pour

mousser la promotion d’une de leurs prestations. Leurs propos doivent donc être pris à la légère, au deuxième (et même au troisième) degré. Tony ajoutera ainsi, sûr de lui, devant l’évocation d’un possible complexe de l’imposteur dont son comparse et lui pourraient souffrir en alternant désormais blagues et chansons:

« L’humour, ce n’est pas difficile : tu cries après les gens et ils rient. Il y a une relation très particulière entre le public québécois et ses artistes. Plusieurs obtiennent du succès en faisant la même chose depuis 30 ans. Nous, on arrive avec une proposition nouvelle, intéressante, et on a la chance de faire le premier spectacle d’humour

unplugged au monde. C’est assez innovateur! »

Faire la piasse

En effet, nos deux lascars aux verres fumés seront certainement les premiers à se produire Unplugged In New York dans la métropole. Tony détaille le concept :

« C’est à New York qu’on l’a fait en premier, comme d’autres l’ont fait avant nous. Nirvana, le groupe Gregory Charles… Tu sais, les quatre Noirs qui font tout dans le milieu artistique? Il y avait celui dans Chambres en ville, celui dans Les débrouillards, celui qui fait des tounes avec des chapeaux… Il roule, ce band-là! En même temps, on trouvait ça le fun d’exporter New York à Montréal, parce que les Québécois ont beaucoup tendance, à Pâques, à descendre là-bas, et ça coûte cher, ça requiert un passeport, et beaucoup de gens criminalisés ne peuvent pas se le permettre… »

Dans l’intimité du Studio-Théâtre de la Place des Arts, Sèxe Illégal revisitera donc ses plus grands tubes, tous répertoriés sur l’album 40 ans dans l’chant, lancé l’an dernier pendant le Zoofest, mais tentera aussi des relectures de pièces d’autres artistes, comme Leonard Cohen, The Clash et les Beatles. D’ailleurs, le prochain disque de nos drôles de musiciens, Cover Your Ears, sera exclusivement composé de reprises. Tony reconnaît qu’il s’agit là d’une avenue un peu convenue pour des étoiles du calibre de Sèxe Illégal, mais avoue également ne reculer devant rien pour satisfaire leurs besoins de luxe, à son acolyte et lui.

« On a un parcours qui s’échelonne sur plusieurs décennies, mais parfois, on a besoin d’un break, justifie-t-il. C’est plus facile de reprendre les tounes des autres que de travailler. On n’est pas des mongols ! On l’a vu aller, Sylvain Cossette, avec 70’s. Ça vendait pas mal mieux que son stock à lui ! Alors, nous autres aussi, on a envie

de faire la piasse et de s’assurer une retraite dorée avant de partir ! On approche quand même la soixantaine… »

« L’icône » affirme ne pas avoir non plus de malaise à jouer dans de petites salles, même après avoir rempli les plus vastes stades et fait courir les foules par milliers.

« On aime créer un feeling de proximité avec le public, amener un aspect un peu cabaret, une atmosphère de rapprochement. On veut échanger avec les gens, leur parler après les shows. On est toujours disponible pour signer des affaires, que ce soit des cartons ou des bébés. On signe n’importe quoi! »

Toujours sous l’enseigne de Juste pour rire, Paul et Tony prendront part au gala animé par Mike Ward, le 19 juillet (« Il est content de nous avoir, il peut vendre ses billets plus cher! ») et feront également un saut au club du Square DIX30, à Brossard, les 14 et 15 août (« Pour les gens qui n’auront pas pu nous voir au festival parce

qu’ils étaient à Ogunquit! »). On devrait dire aux oreilles sensibles de s’abstenir, mais leur répartie est tellement vive et leur style, si unique, que les curieux doivent absolument se donner la peine de les découvrir.

Sèxe Illégal Unplugged In New York à Montréal tiendra l’affiche du Studio-Théâtre de la Place des Arts dans la série Découvertes Juste pour rire, du 13 au 21 juillet. Pour plus d’informations, on consulte le : www.sexeillegal.com ou le www.hahaha.com.

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