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Montréal ignore ce qui passe sur son territoire en train

08/07/2013 06:05 EDT | Actualisé 07/09/2013 05:12 EDT

La Ville de Montréal doit établir ses plans d'urgence sans avoir le portrait exact de ce qui circule sur son territoire, que ce soit par train ou par pipeline. Les services d'urgences déplorent cette situation, mais rien n'oblige les entreprises à transmettre ces informations. 

Un texte de Florent Daudens

Plaque tournante des trains pétroliers, au coeur d'une population dense, la métropole constitue un cas unique. Si bien que le Centre de sécurité civile (CSV), qui regroupe tous les services d'urgence de la ville, tente de faire face à toute éventualité.

Mais les autorités doivent concevoir leurs réponses sans disposer d'informations précises comme la nature des produits transportés ou la fréquence des transports. « On l'a demandé à plusieurs reprises, justement pour être en mesure d'arrimer notre réponse en intervention si jamais il y avait un incident, en fonction des produits transportés », déplore Louise Bradette, chef de division au CSV.

Pourtant, les autorités ont demandé ces informations aux compagnies ferroviaires, à plusieurs reprises. Sans succès, puisque la loi fédérale ne les y oblige pas.

La Ville assure toutefois disposer d'équipes spécialisées pour des catastrophes industrielles et être en mesure de répondre à d'éventuelles catastrophes. 

Les pipelines aussi dans la ligne de mire

Hasard du calendrier, Montréal a dû se pencher sur un autre des principaux modes de transport du pétrole, les pipelines, deux jours avant la catastrophe de Lac-Mégantic.

La Ville a demandé à l'Office national de l'Énergie de refuser la demande d'Enbridge d'inverser son pipeline reliant Sarnia à Montréal si elle ne transmet pas son plan d'urgence et l'analyse des risques de ce pipeline vieux de 37 ans. Et ce, même si elle estime que le transport de pétrole par pipeline s'avère plus sûr que par train.

Mme Duplessis s'inquiète particulièrement de la sécurité de la rivière des Outaouais, « source d'eau potable pour 2 millions de personnes ».

De son côté, Enbridge affirme avoir toujours répondu aux autorités lorsqu'elles ont formulé des demandes. L'entreprise assure qu'elle donnera plus de détails lors des audiences fédérales prévues fin août.

Mais peu importe le moyen de transports, Mme Duplessis estime que la balle est dans le camp d'Ottawa.

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