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Lac-Mégantic : le ministre Lebel défend la gestion fédérale du transport ferroviaire

08/07/2013 03:26 EDT | Actualisé 06/09/2013 05:12 EDT
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Tandis que plusieurs résidents de la région de Lac-Mégantic critiquent le passage de voies ferrées dans leur municipalité et déplorent la piètre qualité des installations ferroviaires, le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a tenu à rappeler différentes initiatives du gouvernement Harper au cours des dernières années. En conférence de presse, lundi après-midi, M. Lebel a notamment indiqué que « le 5 juillet [la veille du déraillement], un inspecteur de Transports Canada avait examiné la locomotive en cause dans cet incident, et n'avait alors décelé aucune lacune ».

Le ministre Lebel a également nié que des postes d'inspecteur en transport ferroviaire aient été supprimées au cours des dernières années, soutenant qu'il s'agit plutôt « d'une fausseté galvaudée par l'opposition et certains ».

En plus des 100 millions de dollars investis dans la sécurité ferroviaire depuis 2009, M. Lebel a affirmé qu'une nouvelle loi du gouvernement Harper, en vigueur depuis le 1er mai dernier, avait « rendu plus sévères les sanctions imposées aux contrevenants » qui prévoit des amendes « 400 fois plus élevées que celles auparavant ».

Soulignant que « nous ne connaissons pas encore les causes du déraillement », le ministre Lebel a affirmé que « si l'on reconnaît que quelqu'un a commis une infraction à la réglementation fédérale en matière de transports suite aux enquêtes, nous prendrons toutes les mesures applicables sur-le-champ ».

« J'ai demandé à Transports Canada d'examiner tout autre moyen, d'ores et déjà, qui permettrait d'accroître la sécurité ferroviaire au cours des prochaines semaines, des mois et des années à venir », a ajouté M. Lebel.

À voir : explication du journaliste Alexis De Lancer sur le réseau ferroviaire du Canada

Legault critique la gestion de crise de MMA

Le fait que l'entreprise Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) continue ses activités à quelques kilomètres du lieu de la tragédie soulève néanmnoins plusieurs questions.

« Il y a toutes sortes de questions qui se posent. Les gens ici se demandent comment se fait-il qu'on peut avoir des rails qui sont si près de maisons, comment se fait-il que la compagnie continue d'opérer encore aujourd'hui alors qu'on nous dit qu'il y avait des problèmes d'entretien des rails? » s'interroge le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Après avoir pris connaissance de la situation sur le terrain, François Legault a salué le travail de tous les intervenants, mais a vivement critiqué la manière dont l'entreprise MMA a communiqué depuis le début de la crise.

« Je ne comprends pas que le président [de MMA] ne soit pas ici depuis samedi », a-t-il lancé, ajoutant qu'un dirigeant d'entreprise se doit d'assumer ses responsabilités.

L'ancien patron d'Air Transat souligne que, lorsqu'il était dans le domaine de l'aviation, « quand il y avait un incident, ça pouvait arriver que la compagnie perde immédiatement son permis », ajoutant qu'il faut se poser des questions rapidement, tout en faisant une bonne enquête.

« Ce qui est le plus important, c'est de faire le deuil des personnes disparues, [...] penser à ceux qui restent et réorganiser la vie », a poursuivi M. Legault.

La compagnie MMA a publié deux communiqués en anglais au cours des 36 heures suivant l'explosion de son train au centre-ville de Lac-Mégantic, après quoi un porte-parole a accordé des entrevues aux médias. La compagnie a également diffusé dimanche soir une version traduite de ses communiqués, dont la qualité du français a soulevé l'indignation. Des versions corrigées ont ensuite été envoyées lundi matin.

Se disant préoccupée depuis des années par la sécurité des convois ferroviaires, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a indiqué lundi qu'elle allait se pencher davantage sur la question dès septembre. L'UMQ entend également relancer les gouvernements du Québec et du Canada sur cette problématique qui touche de nombreuses municipalités québécoises.

De son côté, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FMQ), Bernard Généreux, souligne que le pouvoir des municipalités quant au transport ferroviaire est « accessoire » puisque la réglementation relève du gouvernement fédéral, lequel a « engagé un important virage de privatisation, de déréglementation ».

M. Généreux se demande si, par conséquent, « on a levé le pied sur le frein qui doit nous protéger contre des situations comme celle à laquelle on assiste ».

Par ailleurs, le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, a écrit au ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, et au premier ministre Stephen Harper « afin que des mesures soient prises incessamment auprès des compagnies ferroviaires quant à la vitesse des trains dans les zones urbaines ».

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L'Association canadienne des producteurs pétroliers réagit

« C'est une terrible tragédie, et toutes nos pensées vont aux gens de Lac-Mégantic. Comme tout le monde, nous attendons d'en savoir davantage de la part du transporteur ferroviaire et des autorités pour tenter de comprendre ce qui s'est passé au Québec », a écrit lundi dans un communiqué le vice-président de l'ACPP, Greg Stringham.

« À titre de producteurs [de pétrole] nous désirons assurer que tous nos produits sont transportés de façon sécuritaire, que ce soit par trains, par oléoducs, par bateaux ou toute autre forme de transport », a ajouté M. Stringham sans commenter la situation davantage.

Élan de compassion et de solidarité

Autant la FMQ que l'UMQ ont lancé un appel à la solidarité dans le monde municipal québécois pour venir en aide à la ville de Lac-Mégantic.

Dans un communiqué publié lundi, le président de l'UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest, incite les villes du Québec à verser des dons en argent pour aider l'administration municipale de Lac-Mégantic à subvenir aux besoins de ses quelque 6000 habitants. La Croix-Rouge a d'ailleurs annoncé avoir recueilli un million de dollars en dons jusqu'à maintenant.

Soulignant le difficile travail accompli sur le terrain par la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy Laroche, le président de l'UMQ lui a offert le soutien et la sympathie de toutes les villes représentées par l'UMQ.

Le Bloc québécois solidaire des victimes de Lac-Mégantic

Lundi, tout comme l'ont fait ses collègues de l'opposition, le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a témoigné sa sympathie aux victimes de cette tragédie, invoquant dans un communiqué « un drame humain sans commune mesure ».

« Pour l'instant, le recueillement est de mise [...] Nous sommes avec la population de Lac-Mégantic ainsi que tous ceux qui s'inquiètent pour leurs proches », a assuré le chef bloquiste.

« Soyons également solidaires de toutes les personnes qui œuvrent sans relâche à Lac-Mégantic, les bénévoles, les autorités politiques, administratives, et les services d'interventions; tous méritent notre confiance et notre respect », a ajouté Daniel Paillé.

Paris attristé par la tragédie

La catastrophe qui a mis à rude épreuve la petite communauté de Lac-Mégantic a eu des échos jusque l'autre côté de l'océan Atlantique, notamment en France, où le premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est dit lundi « extrêmement attristé » par cette catastrophe qui frappe Lac-Mégantic.

Le premier ministre français a fait cette déclaration de vive voix au cours d'une visite à Matignon du chef de l'opposition à la Chambre des communes, Thomas Mulcair .

« Je suis vraiment extrêmement triste par ce qui s'est passé. C'est terrible. J'ai vu les images à la télévision, j'imagine la souffrance des habitants. C'est particulièrement triste et douloureux », a déclaré le premier ministre Ayrault au cours d'un point de presse.

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