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Festival de jazz 2013: Amadou & Mariam...et les parapluies (PHOTOS)

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AMADOU MARIAM
Amadou & Mariam, le 7 juillet 2013. (Crédit photo: David Kirouac) | David Kirouac

Les festivaliers auront eu beau faire la danse du soleil sur les rythmes d’Amadou & Mariam, la pluie avait, elle aussi, décidé d’imposer sa cadence à cette soirée de clôture de la 34e édition du Festival international de jazz de Montréal. Difficile d’estimer la foule avec toutes ces bulles formées par les parapluies ouverts, mais la place des Festivals était remplie malgré tout. Et c’est ce qui en a fait la beauté de la chose… Tant de spectateurs d’abord incommodés par les fines gouttes incessantes se sont finalement abandonnés à la musique du duo malien, oubliant leurs frisottis et leurs jeans détrempés. Voilà ce qu’on appelle faire la fête!

Dès leur entrée sur scène, Amadou et Mariam affichaient de larges sourires, heureux d’être à Montréal, mais surtout prêts à s’amuser. « Est-ce que ça va ? », a demandé Amadou pour la première fois (et non par la dernière…), avant de lancer Mogo, pièce partagée avec Bertrand Cantat sur le récent Folila. Le flamboyant « couple aveugle malien », assorti par des vêtements rouges, a tout de suite mis le ton à la soirée qui a inclus des mélodies entraînantes, une solide présence de percussions et une bonne dose de guitare avec effet de distorsion. Voilà une belle façon d’ajouter une touche moderne et universelle à leurs sonorités africaines.

Partager des histoires

Ceux qui se sont vus recevoir le Prix Antonio-Carlos-Jobim plus tôt dans la journée tenaient à faire sourire la foule et à lui expliquer la symbolique de chacune de ses chansons. Ainsi, le public a pu découvrir la fameuse Batoma, prénom d’une femme qui aimait tellement faire la fête qu’elle pouvait même laisser son bébé seul à la maison. Il s’est déchaîné sur cet air dansant, puis sur quelques autres morceaux festifs proposés durant la soirée, dont Coulibaly et Wily Kataso. Sur ce dernier titre, Mariam Doumbia a pris soin de faire chanter la foule. « 1,2,3,4,5 Hein, Hein », lançait-on. Rare que des artistes réussissent à faire participer leurs fans durant une aussi longue durée. La pièce s’est terminée et on entendait encore des « Hein, Hein » dans l’assistance. La chanson que Mariam avait présentée en disant « Wily Kataso, casse-toi, va à la maison! » était dotée d’un petit quelque chose qui rendait addictif.

Outre les mélodies et histoires souriantes du duo, le public ne pouvait taire son admiration pour Amadou Bagayoko et ses solos de guitare… Quelle richesse de son incroyable! Sans non plus s’éterniser dans ses envolées, le musicien a livré une solide performance sur Kobane. Son solo rock hendrixien témoignait de sa grande inventivité mélodique.

Partager l’espoir

« Pour une Afrique unie et libérée! », a lancé Amadou avant d’envoyer Afrique Mon Afrique. Il n’y a pas que l’engagement social de Mariam et d’Amadou qui étonne, mais aussi la façon dont ils transmettent leurs messages d'espoir. Calme, sérénité, harmonie, les mots qu’ils ont prononcés durant le spectacle ne servaient pas à secouer, mais bien à bercer le public dans un ensemble de valeurs tels le respect, l’entraide et la démocratie. Malgré la crise politique perdurant au Mali, le couple laisse transparaître beaucoup d’optimisme…

Partager la scène

Ayant quitté leurs fans avec l’irrésistible Beaux Dimanches, Amadou et Mariam sont revenus offrir un rappel, débutant par la soyeuse Sabali. L’artiste Fatoumata Diawara, aussi originaire du Mali, s’est ensuite joint au duo et à ses quatre musiciens présents pour interpréter la sautillante On veut la paix. Quelques minutes plus tard, les festivaliers repartaient de la place des Festivals, le cœur réchauffé par le beau partage musical qu’Amadou & Mariam leur avaient offert ce soir.

EN IMAGES:

Festival de jazz: 7 juillet 2013
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