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Festival de jazz 2013: l'élégance d'Oliver Jones (PHOTOS)

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OLIVER JONES
(Crédit photo: David Kirouac) | David Kirouac

Pour une organisation telle le Festival international de jazz de Montréal, il ne peut être plus gratifiant que d’avoir un pianiste émérite comme Oliver Jones au sein de sa programmation. Figue emblématique du jazz à Montréal, on ne peut aborder l’histoire de la musique au Canada sans souligner l’étendue de son apport. Se rapprochant très étroitement de son 75e anniversaire de carrière, le musicien a offert deux prestations intimes à la Cinquième Salle de la Place des Arts devant des amoureux de son œuvre. Un réel privilège… lui qui ne fait que de rares apparitions depuis les dernières années.

« Ce n’est pas le fun, vieillir », lance le jazzman émérite quelques minutes après s’être installé au piano. Ayant rendu hommage à Nat King Cole vendredi, il a salué d’autres pianistes regrettés ce soir, évoquant les Hank Jones, George Shearing, Dave Brubeck (avec un medley comprenant la grande Take Five), sans oublier l’illustre Oscar Peterson pour qui il était disciple et ami fidèle. Le décrivant comme sa source d’inspiration, son Ray Charles, il a aussi tenu quelques mots humoristiques à son sujet. « Oscar Peterson était un musicien extraordinaire…comme moi… », dit-il dit avant de fournir quelques mots supplémentaires à la phrase pour y détacher toute prétention.

Sous les yeux d’un public attendri, Oliver Jones a rendu hommage au musicien décédé en 2007, en interprétant When Summer Comes qui figure sur son nouvel album, Just For My Lady. Plus tard dans la soirée, il a proposé une de ses pièces les plus célèbres, Hymn To Freedom.

Son Saint-Henri

Ayant grandi dans le quartier ouvrier de Saint-Henri, l’artiste a raconté quelques-uns de ses souvenirs d’enfance l’entraînant vers le noir et le blanc. Exprimant son grand bonheur d’offrir des concerts à Montréal, le plaisir dont il faisait mention était partagé avec un public captivé à l’entendre parler des rues dans lesquelles il a grandi. La très rythmée Fulford Street Romp, ainsi que Lights of Burgundy, qu’il a composé en l’honneur de son quartier rebaptisé (Saint-Henri étant aussi appelé La Petite-Bourgogne) ont toutes deux été jouées par amour pour la métropole.

Moment fort apprécié du spectacle, le jazzman a invité le jeune Daniel Clarke Bouchard à se produire à ses côtés. Se connaissant depuis maintenant cinq ans, le maître a décrit sa relève en déclarant : « Certaines personnes sont nées pour jouer d’un instrument ». En effet, le petit génie a reçu des applaudissements nourris après avoir étonné l’assistance par une pièce composée pour remercier Oliver Jones. Intitulé Oli’s Boogie Woogie, l’entraînant morceau comportait une touche disco avec l’insertion de quelques notes de Funkytown de Lipps, Inc.

La prestation a duré quelque 80 minutes. Le pianiste a entraîné la foule dans un gospel, puis a reposé les mains sur son piano pour un court, mais brillant rappel prenant la forme d’un pot-pourri de titres « méconnus… » dont La Vie en Rose et What a Wonderful World. Oliver Jones a encore une fois ce soir partagé sa musique avec grand amour. Ce fut un privilège…

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Festival de jazz: 6 juillet 2013
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