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Le Nicaragua, le Vénézuela et la Bolivie disposés à accorder l'asile à Snowden

05/07/2013 09:26 EDT | Actualisé 06/07/2013 11:47 EDT
AFP

LA PAZ - Le président bolivien, Evo Morales, a annoncé samedi qu'il offrirait l'asile politique à l'ex-consultant américain de la NSA, Edward Snowden, si celui-ci le lui demandait, lors d'un discours devant des agriculteurs à Oruro, dans le sud-ouest de la Bolivie.

"En signe de protestation, je voudrais dire aux Européens et aux Américains du nord : maintenant, nous allons accorder l'asile si cet Américain persécuté par ses compatriotes nous le demande. Nous n'avons pas peur", a assuré le président bolivien.

Vendredi, c'est le président vénézuélien Nicolas Maduro qui avait annoncé qu'il offrait "l'asile humanitaire" à Edward Snowden recherché par les États-Unis pour espionnage.

"En tant que chef de l'État et du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela, j'ai décidé d'offrir l'asile humanitaire au jeune Snowden (...) pour le protéger de la persécution de l'empire le plus puissant du monde qui s'est déchaînée sur lui", a déclaré M. Maduro durant une célébration de l'indépendance du Venezuela.

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a aussi affirmé vendredi qu'il était disposé à accorder l'asile à l'informaticien américain Edward Snowden "si les conditions le permettent".

"Nous, nous sommes ouverts et respectueux du droit d'asile et il est clair que si les circonstances le permettent, nous recevrons Snowden avec grand plaisir et lui donnerons l'asile ici au Nicaragua", a déclaré M. Ortega.

M. Ortega a confirmé qu'il avait été sollicité par M. Snowden, recherché pour espionnage par les Etats-Unis et bloqué depuis 13 jours dans la zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo.

"Nous avons reçu une lettre envoyée par Snowden à l'ambassade (du Nicaragua, NDLR) de Moscou dans laquelle il sollicite l'asile au Nicaragua", a indiqué M. Ortega pendant la commémoration du 34e anniversaire de la révolution au Nicaragua devant des centaines de partisans sandinistes.

Ces déclarations du président nicaraguayen interviennent alors que la situation de M. Snowden s'enlisait, incitant l'ancien employé de la NSA à demander l'asile auprès de six nouveaux pays vendredi après en avoir déjà sollicité 21.

La France et l'Italie ont fait savoir jeudi qu'elles ne l'accueilleraient pas, emboîtant ainsi le pas à l'Allemagne, au Brésil, à la Norvège, l'Inde, la Pologne, l'Islande, l'Autriche, la Finlande, aux Pays-Bas et à l'Espagne.

L'informaticien, à l'origine de révélations fracassantes sur un programme américain secret de surveillance des communications mondiales, a été au centre d'un imbroglio diplomatique en début de semaine.

De retour mardi d'une visite à Moscou, le président bolivien Evo Morales, qui s'était dit prêt à accueillir le jeune homme dans son pays si celui-ci en faisait la demande, a vu son avion contraint de faire une escale de 13 heures à Vienne après que plusieurs pays européens, le soupçonnant de ramener Snowden avec lui, lui ont refusé le survol de leur espace aérien.

Jeudi, le chef de l'Etat bolivien a accusé Washington d'avoir fait pression sur la France, l'Espagne, le Portugal et l'Italie pour qu'ils interdisent ce survol, et menacé de fermer l'ambassade des Etats-Unis à La Paz.

La Bolivie, soutenue par certains des ses alliés traditionnels (Equateur, Surinam, Argentine, Uruguay et Venezuela), a par ailleurs exigé des excuses publiques et des explications.

Paris avait exprimé ses "regrets" mercredi, affirmant ne pas savoir au moment des faits que le président bolivien était à bord de l'avion.

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