BIEN-ÊTRE

Marie-Christiane Marek (Paris Modes) : "La haute couture fait toujours rêver"

05/07/2013 10:23 EDT | Actualisé 04/09/2013 05:12 EDT

Les défilés de haute couture s'achèvent ce vendredi 5 juillet avec la présentation des collections de haute joaillerie. Marie-Christiane Marek, fondatrice de Paris Modes TV, dresse pour Relaxnews le bilan de cette semaine chic et glamour consacrée à l'Automne-Hiver 2013.

Relaxnews : Quelles sont les grandes inspirations de ces défilés haute couture ?
Marie-Christiane Marek : Ce sont les décors qui donnent le ton. Inspirations diverses, plus originales les unes que les autres. On a pu voir un théâtre en ruine face à une image de Dubaï pour Chanel, des photos des mannequins sur fond de murs fleuris en live chez Dior, un décor noir et un danseur de flamenco pour appuyer l'inspiration Vélasquez de Stéphane Rolland, un runway rouge pour les robes destinées aux cours royales d'Elie Saab, ou encore un écrin tout blanc pour accueillir les robes "porcelaine" de Giambattista Valli.

R. : Quelles tendances pour le make-up ?
M-C. M. :
Il y avait de magnifiques maquillages chez Julien Fournié, réalisés par Nicolas Degennes de chez Givenchy, qui pose sur la frange de cils supérieurs une baguette dorée. Ils étaient tout aussi beaux chez Jean-Paul Gaultier, avec des larmes en cristal. D'une façon générale, les yeux sont dark, ombrés de noir, et pour les coiffures, les cheveux sont tirés, lisses ou en chignons, dégageant les visages.

R. : Les trois pièces les plus excentriques vues pendant ces défilés ?
M-C. M. : La plus originale : Yiqing Yin, la jeune franco-chinoise, nous a proposé une robe magnifique avec des branches de corail qui remontent sur le buste et enveloppent le cou et la tête.
La plus féérique : la robe de mariée splendide du couturier libanais Elie Saab, suivie de ses trois demoiselles d'honneur pour tenir la traîne, un mariage royal.
La plus surprenante : la robe imaginée par Jean Paul Gaultier pour Nabilla, qui accentue ses formes généreuses.

R. : Quel a été le défilé le plus marquant ?
M-C. M. : La première collection haute couture de Schiaparelli, avec le retour de Christian Lacroix qui la signe. Il réinterprète avec brio les points forts de cette artiste de la couture, notamment en reprenant ses fameuses poches, sa combinaison pantalon et ses couleurs. Les archives du célèbre brodeur Lesage revivent les broderies réalisées à l'époque pour la grande dame, si originale dans ses choix : le homard, les papillons etc. Une autre collection m'a marquée, celle d'Armani Privé, absolument raffinée, scintillante et fragile. Giorgio Armani a misé sur le nude, coloris de peaux poudrés, entièrement rebrodés de cristaux.

R. Sur quel podium ont défilé les accessoires les plus chics ?
M-C. M. : Il y a peu d'accessoires dans les collections haute couture. Les robes du soir ne supportent pas d'être "accessoirisées". C'est habituel, mais je peux souligner les larges ceintures en cuir verni, en tweed, ou rebrodées chez Chanel, juste posées sur les hanches, et incrustées dans le vêtement pour les robes du soir. Elles font partie intégrante du vêtement.

R. : Une paire de chaussures surprenante aperçue pendant ces défilés ?
M-C. M. : La stocking shoe imaginée par Karl Lagerfeld pour Chanel. Traduction : une chaussure basse tenue par des jarretelles. La tendance chaussures pour l'Automne-Hiver 2013-2014 : la bottine, plus ou moins haute, mais toujours très féminine.

R. : Les imprimés ont la cote en ce moment. Ce sera toujours le cas la saison prochaine ?
M-C. M. : J'ai vu peu d'imprimés. Il faut cependant retenir les tissus masculins comme les chevrons chez Valentino, les fameux tweeds à profusion chez Chanel, et les lainages chez Dior. Mais le maître des imprimés pour la couture cette saison est Jean Paul Gaultier, avec ses panthères, qu'il traduit en perfecto brodé de cristaux, mais aussi sur les manteaux en plumes et les robes. Il va même jusqu’à imprimer les tachetés du félin dans les cheveux, sur les collants et les escarpins.

R. : Quelles sont vos impressions générales pour cette nouvelle session ?
M-C. M. : J'ai envie de dire que la haute couture se porte bien, que les clientes et collectionneuses, comme mon amie Mouna Ayoub, étaient bien présentes. Un signe de l'importance de ces présentations qui font vivre tant de talents, et des équipes passionnées. Mais aussi, l'offre est fabuleuse, c'est le laboratoire de mode le plus sophistiqué de la planète, et c'est ici à Paris. La haute couture fait toujours rêver. Elle est toujours surprenante et enrichissante. Elle est moins porteuse de grandes tendances que le prêt-à-porter. Néanmoins, dans ces collections, on peut déceler que l'avenir du style va dans le sens de collections plus modernes, comme celle de Dior par Raf Simons.

cp/ls