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Espionnage : l'Europe menace Washington de suspendre deux accords

05/07/2013 03:37 EDT | Actualisé 03/09/2013 05:12 EDT

L'Union européenne (UE) menace les États-Unis de cesser le partage de certaines informations si Washington n'explique pas l'étendue de ses activités d'espionnage alléguées contre des institutions et des pays européens.

Les accords de partage visés concernent l'accès aux données sur les virements bancaires et aux données des voyageurs. L'UE pourrait empêcher Washington de consulter ces bases de données mises sur pied dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Ces outils informatiques sont d'ailleurs perçus comme de puissants moyens pour lutter contre le terrorisme.

Le durcissement de ton adopté par Bruxelles traduit la colère qui ne s'estompe pas depuis qu'Edward Snowden, un ancien conseiller des services de renseignements américains, a révélé que Washington espionnait ses alliés.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures estime que les Européens sont en droit de savoir comment leurs renseignements sont utilisés. Cecilia Malmström a écrit, jeudi, à Janet Napolitano, la secrétaire à la Sécurité intérieure américaine, pour lui faire part de ses inquiétudes.

Querelle sur fond de négociations commerciales

Ces menaces tombent au moment où Washington s'apprête à amorcer des négociations avec l'Union européenne  sur ce qui pourrait devenir le plus important accord de libre-échange de l'histoire.

Les réunions commerciales, qui créent de la dissension au sein même des pays de l'UE, doivent s'amorcer lundi dans la capitale américaine. D'autres rencontrent diplomatiques se tiendront en parallèle :

  • une sur les programmes américains de surveillance d'Internet et des communications électroniques
  • l'autre sur les accords de partage de renseignements financiers et du transport aérien

Cette dernière devrait permettre aux diplomates européens de réévaluer le partage d'informations des deux côtés de l'Atlantique. Elle pourrait aussi fournir un levier de négociation autour des autres tables de discussions si les États-Unis refusent de répondre aux questions de leurs alliés.

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