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Festival de jazz 2013: Les Triplettes sont à Montréal !

03/07/2013 02:19 EDT | Actualisé 03/07/2013 05:58 EDT

La musique du film d’animation franco-belgo-québécois Les Triplettes de Belleville avait fait bien du bruit en 2003. Elle avait même transporté ses créateurs jusqu’à la soirée des Oscars pour une nomination. Après dix ans, Benoît Charest replonge dans cette folle aventure en proposant images et musiques en simultané au Festival de jazz de Montréal.

Ces dernières années, le talentueux musicien montréalais était toujours affairé à composer des trames sonores pour différentes œuvres cinématographiques. Pensons notamment à Mars et Avril de Martin Villeneuve, Route 132 de Louis Bélanger, Polytechnique de Denis Villeneuve ou encore Up Side Down du réalisateur américain Juan Solanas.

«C’est plus tranquille ces temps-ci. […] De toute façon, il manquait un équilibre», explique Benoît Charest. «C’est très stimulant, le cinéma, trouver des styles; c’est un monde qui fait évoluer. Mais c’est un univers très solitaire. Tu deviens comme un ermite. Je m’ennuyais de l’esprit du live, de la scène. J’ai besoin de retrouver cette spontanéité, ce thrill du show

Aux dires de Charest, ce second souffle pour le concert des Triplettes est bienvenu. «Nous avons déjà fait le spectacle dans quelques villes comme Québec, Ottawa, Rouyn-Noranda. D’autres dates sont prévues à Halifax, à Rimouski ou encore aux Iles de la Madeleine. C’est une tournée d’une dizaine de concerts pour tâter le terrain et évaluer mon propre intérêt à proposer Les Triplettes de Belleville. Je fonctionne au plaisir. Et pour l’instant, je suis extrêmement content.»

Du jamais vu

Autre fait intéressant, la présentation dans le cadre du Festival de jazz de Montréal, le 4 juillet, sera toute nouvelle.

«Sous cette forme-là, genre cabaret, avec le film (de Sylvain Chomet) sur grand écran projeté dans son intégralité, c’est du jamais fait», explique le musicien. «Je vais en quelque sorte lui redonner sa vraie place, en synchro sur les images. J’aime bien l’idée de faire de la scène avec le film. C’est une musique bonifiée. D’autant plus qu’on a laissé les effets sonores et les dialogues des personnages [aucun mot de sort de leur bouche; que des sons, des grognements, des intentions marmonnées]. Évidemment, tout ça demande beaucoup de travail. J’ai retranscrit les partitions pour les sept autres musiciens qui m’accompagnent. Un beau mois de travail.»

Ces musiciens dont il parle sont tous excellents: Dan Thouin au piano, Martin St-Pierre à la trompette, Muhammad Abdul Al Khabyyr au trombone, Chet Doxas au saxophone, Morgan Moore au violoncelle, Jim Doxas à la batterie et Michael Emaneau aux percussions. Quant à Benoît Charest, il s’occupera de la guitare et de l’aspirateur!

«Partout la réception est bonne», précise le compositeur en entrevue. «En plus, ça m’oblige à revenir à la guitare et au jazz. C’est très stimulant […] J’aimerais d’ailleurs faire un album cette année. Mais avant, je m’y remets sérieusement. Je me rends compte aussi que les musiciens de la relève tirent beaucoup plus aujourd’hui. Ça m’incite à travailler plus fort. Moi, j’ai appris le jazz comme on apprend le sexe dans la ruelle!», ironise Charest en s’esclaffant.

«Disons qu’ils absorbent plus vite. Ils ont une compréhension plus poussée du genre, qui s’explique en partie par le fait que le jazz est beaucoup plus accessible aujourd’hui. Le jazz s’est aussi institutionnalisé dans les écoles. Bref, j’aime savoir que d’autres musiciens me poussent à me dépasser […] Je vais certainement enregistrer en 2013, mais quand je vais me sentir vraiment dans le coup. Je ne sais pas encore le style. J’aime le rythme. J’aime aussi des musiciens comme Wayne Shorter. Je verrai.»

LES TROIS QUESTIONS HUFFPOST

1. Quel artiste suggérez-vous aux Montréalais d’aller voir durant le festival, mis à part vous?
R. J’aurais vraiment aimé voir le trio Charles Lloyd, Jason Moran et Bill Frisell. C’était impossible pour moi, malheureusement.

2. Nommez un lieu que vous avez apprécié à Montréal.

R. Le quartier dans lequel j’habite...sur la rue Esplanade, près du parc Jeanne-Mance.

3. Nommez un mot pour décrire votre œuvre.

R. Plaisir

Le Terrible orchestre avec «Betty»

D’ici là, le grand Ben se consacrera au Terrible orchestre de Belleville qui présentera, durant l’été, les 10 ans du film des Triplettes de Belleville et sa musique de jazz-cabaret-swing aux couleurs des années 1930.

Autre bonbon à la performance montréalaise, Béatrice «Betty» Bonifassi, avec sa voix singulière, sera au Festival de jazz pour notamment interpréter Belleville Rendez-Vous, la très efficace pièce thème du film interprétée durant la soirée des Oscars en 2004.

Benoît Charest et le Terrible Orchestre de Belleville – 4 juillet, 21h30 - Théâtre Jean-Duceppe

EN IMAGES:

Festival de jazz: 2 juillet 2013

EN VIDÉO:


Bande Annonce : Les triplettes de Belleville by cineFA