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Portugal : le premier ministre refuse la démission de son ministre des Affaires étrangères

02/07/2013 05:04 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

Le Portugal est au cœur d'une véritable tempête politique. Le premier ministre Pedro Passos Coelho a refusé mardi le départ de son ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, numéro 2 de son gouvernement, au lendemain de la démission du ministre des Finances.

Dans une déclaration à la nation, Pedro Passos Coelho a affirmé qu'il « serait précipité d'accepter cette démission, motivant son refus par la « menace d'instabilité politique que cela entraînerait ».

Deuxième défection en 24 heures

Le ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, venait de succéder au ministre des Finances, Vitor Gaspar, dans la hiérarchie gouvernementale, après que ce dernier eut jeté l'éponge, lundi.

« Je ne démissionne pas. Je n'abandonne pas le pays. Je travaillerai au service de mon pays avec le même engagement », a déclaré le premier ministre, dans un contexte de crise politique.

L'éventualité de voir le président Anibal Cavaco Silva convoquer des législatives anticipées s'est renforcée après l'annonce de la démission du ministre des Affaires étrangères.

Cette défection de M. Portas, chef du petit parti conservateur CDS-PP, partenaire du Parti social-démocrate du premier ministre Pedro Passos Coelho au sein de la coalition au pouvoir depuis 2011, est un coup dur pour le gouvernement.

Cette alliance permet à la coalition de disposer d'une confortable majorité au Parlement, indispensable à l'application des mesures de rigueur, exigées par les créanciers du Portugal.

De son côté, M. Gaspar affirmait lundi avoir perdu toute crédibilité en échouant dans l'atteinte des objectifs de déficit et en étant à l'origine des frictions entre la gauche et la droite dans le gouvernement de coalition, à l'heure où ses politiques de rigueur économique se font de moins en moins populaires.

Le gouvernement portugais est assailli de critiques des partis de l'opposition, des syndicats et des dirigeants d'entreprises, qui exigent le retrait des politiques d'austérité instaurées par M. Gaspar. Le pays devrait connaître en 2013 sa troisième année de récession consécutive, en plus d'un taux de chômage qui s'établit à 17,6 %.

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