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France : Marine Le Pen perd son immunité parlementaire européenne

02/07/2013 10:44 EDT | Actualisé 01/09/2013 05:12 EDT

Le Parlement européen a décidé mardi de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen à la demande du parquet de Lyon, qui veut l'entendre dans le cadre d'une enquête pour « incitation à la haine raciale ».

La présidente du Front national (FN), députée européenne, est visée par une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) relative à ses propos du 10 décembre 2010 établissant un parallèle entre les prières des musulmans dans la rue en France et l'Occupation.

De nombreuses voix à gauche ont estimé que la dirigeante du mouvement avait franchi une ligne en essayant de faire monter un sentiment de peur contre une partie de la population en raison de sa pratique religieuse.

Mais Marine Le Pen et les ténors du FN se sont élevés contre la « rupture » d'une « jurisprudence » protégeant la liberté de parole des députés.

« Moi je suis un cas à part, je ne peux pas être protégée parce que je suis une adversaire politique, et peut-être une adversaire politique encore plus dangereuse que les autres compte tenu de mes résultats dans les sondages ou dans les [législatives] partielles », a réagi la présidente du FN sur la chaîne BFM TV.

« Quand Marine Le Pen dit une vérité, là évidemment il est hors de question de la défendre. Ce n'est pas grave, ça va permettre de remettre sur le devant de la scène ces sujets et notamment la laïcité, les violations de cette laïcité qui sont quotidiennes en France », a-t-elle poursuivi.

« Je vais me défendre devant le tribunal et je suis absolument convaincue que le tribunal me donnera raison et protégera mon droit à dire aux Français la vérité sur la situation, notamment des prières de rue, mais pas seulement », a-t-elle estimé.

Bruno Gollnisch, son collègue parlementaire et rival malheureux à la présidence du FN, en janvier 2011, a pris la parole avant le scrutin pour s'offusquer que Marine Le Pen n'ait pu s'expliquer en session plénière ni obtenir un vote nominal  sur la levée de son immunité.

« Soviet suprême »

« Cette procédure s'apparente plus à celle du Soviet suprême de l'ex-Union soviétique qu'à celle d'un parlement respectueux des droits de ses membres », a-t-il dit.

Les eurodéputés ont accepté de lever son immunité, conformément à l'avis rendu par leur commission juridique. Celle-ci avait estimé que les propos litigieux, prononcés durant la campagne en vue de la désignation d'un nouveau président pour le Front national, n'avaient pas de lien « direct et évident » avec les activités parlementaires de Marine Le Pen.

« Tenir des propos racistes est indigne, particulièrement quand ils proviennent de la bouche d'un représentant politique européen censé défendre tous ses concitoyens, quelles que soient leurs origines, leurs croyances ou leur couleur de peau », a déclaré Marc Tarabella, chef de délégation socialiste du Parlement européen.

Pour le Parti communiste français (PCF), « il est inadmissible de tenter d'assimiler les musulmans de notre pays à l'armée nazie, pour faire monter un sentiment de peur et de haine contre une partie de la population française en raison de sa pratique religieuse. »

Saluant la décision du Parlement européen, SOS Racisme a estimé que les propos de Marine Le Pen visaient à « pointer l'islam comme bouc émissaire des problématiques économiques et sociales du pays en l'association aux pages les plus sombres de notre histoire. »

Reuters

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