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Le travail reprendra mardi sur les chantiers, le PQ a dû faire des concessions

01/07/2013 08:33 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

Un texte de Bahador Zabihiyan

Le bruit des grands chantiers de construction se fera entendre au Québec dès mardi matin : la loi spéciale a été adoptée, mais pas aux conditions qu'aurait voulues Pauline Marois, dont le gouvernement minoritaire a dû faire des concessions.

La loi spéciale oblige les 77 000 travailleurs du secteur industriel, commercial et institutionnel à retourner au travail. Leurs conventions collectives sont prolongées d'une année et ils bénéficieront d'une hausse de salaire de 2 %, pour cette période. 

La loi a été adoptée lundi à 0 h 30, alors qu'il était prévu qu'elle le serait plutôt en début de matinée. Le débat a été plus court que prévu, ce qui ne veut pas dire que le Parti québécois (PQ) a obtenu gain de cause.

Le projet de loi initial prévoyait de prolonger les conventions collectives régissant le secteur industriel, institutionnel et commercial pour quatre ans, soit jusqu'au 30 juin 2017. Mme Marois espérait ainsi apporter de la « stabilité » au secteur de la construction afin de favoriser les négociations futures.

Mais les deux partis d'oppositions n'étaient pas du même avis, même si le PQ était prêt à un compromis permettant d'aller jusqu'à deux ans. 

Après d'intenses débats, le PQ a dû accepter l'amendement voulu par les partis d'opposition, qui prolonge d'une année seulement les conventions collectives en vigueur dans ce secteur de l'industrie de la construction.

Sur le plan salarial, les trois partis se sont mis d'accord pour que les taux de salaires augmentent de 2 % pour la prochaine année. Le PLQ et la CAQ souhaitaient une augmentation reflétant l'Indice des prix à la consommation, qui se rapprochait du taux de 2 % voulu par le PQ dans le projet de loi initial.

Le gouvernement doit garder un œil sur les négociations, dit Couillard

Le chef du PLQ, Philippe Couillard, a demandé au gouvernement de garder un œil attentif sur l'évolution des négociations, sans pour autant s'y ingérer, afin d'éviter qu'une nouvelle grève ne soit déclenchée, lorsque la loi spéciale viendra à échéance. « J'enjoins le gouvernement de se mettre à l'ouvrage dès les prochains jours pour se doter d'un cadre qui permettra d'accompagner la négociation », a déclaré M. Couillard, en point de presse.

Il demande au gouvernement de nommer un médiateur si cela s'avère nécessaire. M. Couillard soutient aussi qu'il faudrait, si la situation le nécessite, convoquer les parties en commission parlementaire afin de voir si les négociations avancent. M. Couillard pense qu'il faudrait comparer la productivité de l'industrie de la construction québécoise à celle des autres provinces canadiennes, en faisant appel à des experts indépendants.

Mme Marois a cependant précisé qu'elle n'entendait pas s'immiscer dans les négociations, car elle ne souhaite pas agir « de manière autoritaire ».

De son côté, le chef de la CAQ, François Legault, s'est félicité de l'adoption de la loi spéciale, tout en déplorant « l'improvisation du gouvernement », depuis le début de la grève.

« La journée finit sur une bonne note. Nous avons réussi à obtenir une loi spéciale qui forcera les parties à négocier véritablement, sans nuire à l'industrie de la construction, sans nuire aux travailleurs », a-t-il expliqué. 

Les membres de l'Alliance syndicale se réunissent lundi pour discuter de la loi spéciale. Ils s'adresseront aux médias vers 13 h 30. Quant à l'Association de la construction du Québec, elle doit s'entretenir avec ses employeurs membres. Elle devrait réagir par communiqué avant la fin de la journée.

Un climat très tendu durant la grève

Mme Marois et sa ministre du Travail ont aussi décrit le climat qui régnait entre les parties patronales et syndicales, depuis le début de la grève, il y a deux semaines. « Le climat était très tendu, les parties étaient très loin les unes des autres », a expliqué Mme Marois.

Mme Maltais a expliqué que le gouvernement était en contact de manière régulière mais discrète avec les parties syndicales et patronales. « Il faut savoir à quel point Mme Marois et moi avons accompagné cette négociation depuis un mois, beaucoup plus souvent, de façon beaucoup plus près que ce que l'on vous dit », a-t-elle affirmé.

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