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Obama dans l'ancienne prison de Mandela

30/06/2013 01:32 EDT | Actualisé 29/08/2013 05:12 EDT

Le président américain s'est dit dimanche « empli d'humilité » après sa visite de l'île-prison de Robben Island, au Cap, sur laquelle l'ancien président sud-africain Nelson Mandela a passé 18 ans en détention.

« Au nom de notre famille, c'est empli d'humilité que nous nous tenons ici, où des hommes d'un tel courage ont fait face à l'injustice et refusé de plier, » a-t-il écrit dans le livre d'or de l'ancienne prison du régime d'apartheid devenu mémorial.

Le passage à Robben Island a été d'autant plus poignant que le récipiendaire du prix Nobel de la paix 1993, hospitalisé depuis plus de trois semaines pour une nouvelle infection pulmonaire, est dans un état critique depuis plusieurs jours.

Nelson Mandela a passé six semaines à Robben Island en 1963, puis près de 18 ans de juillet 1964 à mars 1982. Il a ensuite été transféré dans d'autres prisons des environs du Cap, avant d'être libéré en février 1990, après avoir passé en tout 27 ans dans les geôles du pays.

« Je suis content que vous alliez visiter mon ancien chez-moi, Robben Island », a lancé à son hôte américain, samedi lors d'un dîner de gala, le président sud-africain Jacob Zuma, qui lui-même a été détenu pendant 10 ans dans ce sinistre bagne.

M. Obama doit ensuite rencontrer un autre prix Nobel, l'ancien archevêque anglican du Cap, Desmond Tutu, aujourd'hui âgé de 81 ans.

Il prononcera enfin le principal discours de sa tournée africaine et annoncera un plan de sept milliards de dollars sur cinq ans destiné à développer le réseau électrique du continent.

Les deux tiers des Africains sans électricité

M. Obama en a profité pour dévoiler un grand projet de sept milliards de dollars destiné à améliorer la distribution de l'électricité en Afrique subsaharienne. Selon les experts, les pénuries d'électricité constituent un obstacle énorme au développement de l'Afrique.

L'Afrique est un continent qui demeure en grande partie plongé dans une obscurité totale, la nuit, fait remarquer un responsable d'une agence multilatérale. Les deux tiers de l'Afrique subsaharienne souffrent de pénuries d'électricité, et cette proportion peut atteindre 85 % dans les zones rurales, relève une conseillère de la Maison-Blanche, Gayle Smith. Les pénuries d'électricité pénalisent les investissements, empêchent les enfants d'étudier dès la tombée de la nuit, et il est plus difficile de conserver des vaccins dans les zones rurales si les frigos ne peuvent pas fonctionner, explique Gayle Smith.

Nombreux partenaires

Les États-Unis vont tout d'abord coopérer avec l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Liberia, le Nigeria et la Tanzanie au développement de la production d'électricité, indiquent des responsables américains. Washington coopérera de même avec l'Ouganda et avec le Mozambique à la mise en valeur des ressources en hydrocarbures.

Le programme impliquera la participation d'une série d'agences gouvernementales américaines. Par exemple, l'agence Overseas Private Investment fournira 1,5 milliard de dollars de financements et de garanties, afin d'aider des entreprises américaines à gérer les risques associés à ces projets de développement.

Le secteur privé sera aussi mis à contribution. General Electric s'est engagé à prendre part à des projets de production d'électricité en Tanzanie et au Ghana, soulignent ces responsables. La Tanzanie sera la troisième et dernière étape de la tournée africaine de Barack Obama. Quant au Ghana, c'est le premier pays d'Afrique où il s'était rendu en tant que président, bien avant la présente tournée.

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