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Brésil : la coupe de la discorde

29/06/2013 10:12 EDT | Actualisé 29/08/2013 05:12 EDT

Le Brésil affrontera l'Espagne dimanche en finale de la Coupe de confédérations. Un tournoi marqué par des jeux spectaculaires, mais aussi pas un fort mouvement social des Brésiliens.

Un texte d'Antoine Deshaies

À un an de la Coupe du monde, la FIFA persiste et signe : le tournoi aura lieu au Brésil l'an prochain même si les critiques sont de plus en plus nombreuses.

Le mouvement a pris une ampleur insoupçonnée. Les manifestations, encore plus que les prouesses du prodige Neymar sur le terrain, auront marqué cette Coupe des confédérations.

Une opposition à la hausse du tarif des transports a déclenché la colère de la classe moyenne, qui a ensuite étendu ses doléances à la mauvaise gestion du gouvernement.

« Il (le gouvernement) gaspille notre argent, voilà ce qui se passe au Brésil », scande un manifestant.

Un appui populaire

Des centaines de manifestations ont été organisées au Brésil depuis deux semaines.

Au plus fort des manifestations, 75 % des Brésiliens se disaient en faveur du mouvement de protestation qui reproche notamment au gouvernement ses dépenses gargantuesques pour la Coupe du monde.

Mais paradoxalement, les deux tiers des Brésiliens veulent que leur pays accueille le tournoi l'an prochain.

« Les manifestations ne sont pas contre la Coupe du monde, avance Daniel Milazzo, journaliste à Sport TV. Ce sont des manifestations contre la corruption, l'impunité et la mauvaise gestion de l'argent public. »

Argent et transparence

« L'argent a déjà été dépensé, ajoute Christopher Gaffney, professeur d'urbanisme à l'Université fédérale de Fluminense. Il n'y a plus d'argent. Aussi bien en profiter... »

Selon Gaffney, le gouvernement doit innover pour que l'héritage de la Coupe du monde profite à toute la population, notamment les stades comme le Maracana, à Rio de Janeiro, qui sera privatisé.

De son côté, la FIFA se défend d'encaisser l'aide financière du gouvernement pour s'enrichir sur le dos des Brésiliens.

« On peut toujours en faire plus, croit Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA. Mais je n'ai pas honte du travail qu'on a accompli ici. »

Pour plusieurs, c'est déjà l'heure de rendre des comptes.

« La structure des transports, la structure des hôtels... Oui, le Brésil a beaucoup à gagner, mais le point central, c'est comment il va gagner et comment tout l'argent public est géré. Il faut la transparence, » conclut le journaliste Daniel Milazzo.

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