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Le maire Duplessis dément avoir sollicité des faveurs sexuelles

27/06/2013 06:15 EDT | Actualisé 27/08/2013 05:12 EDT

Le maire par intérim de Laval, Alexandre Duplessis, dément avoir sollicité ou reçu des faveurs sexuelles, mais reconnaît avoir été victime d'une tentative d'extorsion de la part de deux femmes, sans donner plus de détails. Il n'entend pas démissionner de ses fonctions.

Lors d'un bref point de presse à l'hôtel de ville, vendredi matin, le maire Duplessis a expliqué que lui et plusieurs de ses collègues ont reçu au cours des derniers mois des messages à caractère haineux et même des menaces. Or, parmi ceux-ci, il soutient qu'il y avait des « messages à caractère insidieux » qui le visaient personnellement sur des « allégations ».

C'est à ce moment que le maire aurait décidé de faire appel aux policiers, qui auraient procédé à une ou des arrestations dans cette affaire, selon lui.

L'enquête étant toujours en cours dans cette affaire, le maire par intérim de Laval a conclu qu'il n'avait pas l'intention de commenter les informations publiées jeudi dans les médias sur cette affaire.

Sur la défensive et avare de commentaires, Alexandre Duplessis a répondu du bout des lèvres à la meute de journalistes qui voulaient en savoir davantage sur les circonstances de cette tentative d'extorsion.

Hier, des sources à la Sûreté du Québec ont indiqué à Radio-Canada que M. Duplessis avait porté plainte contre une prostituée et sa chauffeuse qui se seraient rendues à son chalet le 14 juin dernier. Une des deux femmes l'a reconnu, et le maire de la ville en tutelle aurait alors décidé d'annuler le rendez-vous, sans les payer.

Ces dernières auraient insisté pour se faire payer, malgré l'annulation. Elles seraient revenues à la charge trois fois. M. Duplessis a alors décidé de porter plainte à la SQ pour tentative d'extorsion, ce que nous a confirmé son bureau.

De son côté, la Sûreté du Québec s'est limitée à confirmer le dépôt d'une plainte pour extorsion de la part « d'un individu » qui avait requis les services d'une escorte.

Ce n'est pas la première fois que le maire par intérim de Laval fait la manchette. Il a en effet été reconnu coupable, en février dernier, d'avoir conduit un véhicule dans lequel se trouvait un détecteur de radar, ce qui est illégal au Québec. Selon Me Jean Bertrand, ex-agent officiel du parti PRO des Lavallois, Alexandre Duplessis aurait également servi de prête-nom à des firmes d'ingénieurs qui finançaient le parti de l'ex-maire Vaillancourt.

Réprobations unanimes

Les chefs des partis politiques lavallois, qui fourbissent leurs armes en prévision des élections municipales de novembre prochain, ont dénoncé les agissements du maire Duplessis tout en déplorant cette nouvelle frasque d'un élu dans leur ville déjà aux prises avec un vaste scandale de corruption.

« Un plus un font deux, dans sa tête c'est que tout le monde a menti », déplore le chef du Parti au service du citoyen (PSC). Robert Bordeleau. « Il y a juste lui qui possède la vérité, toute cette équipe-là possède la vérité », poursuit M. Robert Bordeleau en faisant référence à l'absence d'opposition à l'hôtel de ville de Laval. Tous les élus de la troisième ville du Québec ont été élus sous la bannière du parti PRO des Lavallois de l'ancien maire Gilles Vaillancourt. Ils siègent tous à titre d'indépendants depuis que le parti s'est sabordé en novembre dernier à la suite de la démission de M. Vaillancourt.

« On voit ce qui se passe depuis octobre dernier, poursuit-il. Je pense qu'il est temps, que moralement les citoyens sont tannés. »

« C'est un grand manque de jugement et d'honnêteté envers la population, dénonce pour sa part le chef du Mouvement des Lavallois (ML), Marc Demers. « Le maire, c'est le premier ambassadeur d'une ville, c'est la marque de commerce d'une ville. Alors, à l'heure actuelle, M. Duplessis se place dans une position où il ne peut plus prendre de décision par lui-même pour les citoyens de Ville de Laval. » Une situation déjà avérée par la tutelle qui fait en sorte que l'approbation finale de la Commission municipale du Québec est nécessaire pour toute décision du conseil municipal.

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