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Affaire Villanueva: un armurier conclut qu'on peut désarmer un policier

26/06/2013 07:30 EDT | Actualisé 26/08/2013 05:12 EDT
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L'enquête du coroner sur la mort de Fredy Villanueva, abattu par un policier le 9 août 2008 dans un parc de Montréal-Nord, a repris mercredi matin au Palais de justice de Montréal.

Un armurier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est venu décrire au coroner les mécanismes de sécurité de l'arme de service des policiers. Alexandre Limoges a décrit en détail les crans de sécurité qui maintiennent le pistolet du policier dans son étui.

Il s'agit d'un témoignage important puisque la facilité ou non de sortir l'arme de son étui est au coeur de l'enquête.

Le policier Jean-Loup Lapointe a affirmé qu'il avait eu peur d'être désarmé lors de l'altercation avec quatre jeunes le 9 août 2008. C'est pour cette raison qu'il avait fait feu sur les jeunes.

L'armurier a conclu qu'il était possible de désarmer un policier, malgré les crans de sécurité. Possible, mais pas nécessairement facile.

Son témoignage a été sous le coup d'une ordonnance de non-publication, en partie levée par le coroner après un débat entre avocats.

Me Alain Arsenault, qui représente un jeune qui a reçu une balle dans le dos, dit qu'il retient de cette enquête que le policier Lapointe a agi avec témérité..

Trois autres témoins seront entendus vendredi, puis ce sera au coroner de tirer ses conclusions. Plus de 400 documents ont été déposés au cour de son enquête.

Une enquête suspendue

L'enquête du coroner, amorcée en mai 2009, avait été suspendue en février 2011 à la suite des requêtes de la Ville de Montréal et de la Fraternité des policiers qui s'opposaient à l'examen public des mécanismes de sécurité des étuis d'arme à feu.

Cette question est au toutefois coeur du débat puisque le policier qui a tiré vers la victime a affirmé qu'il craignait d'être désarmé lors de l'intervention.

En avril, la Cour supérieure a rejeté la requête, accusant les demandeurs de faire de l'obstruction à l'enquête du coroner.

Le juge Perrault avait donné raison à l'avocat d'un des jeunes impliqués dans l'événement qui avait demandé à ce qu'il se penche sur cette question, car il est impossible, selon lui, de désarmer un policier en raison du mécanisme de verrouillage des étuis d'armes à feu.

La mort de Fredy Villanueva avait provoqué une violente émeute le lendemain et les tensions étaient demeurées vives à Montréal-Nord durant plusieurs jours.

Avec les informatins de Marc Verreault