POLITIQUE

Retour au travail des ouvriers de la voirie et du génie civil

25/06/2013 07:59 EDT | Actualisé 25/08/2013 05:12 EDT
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Les négociations dans le secteur institutionnel, commercial et industriel de l'industrie québécoise de la construction, dont les quelque 77 000 travailleurs sont toujours en grève, ont été ajournés jusqu'à jeudi matin, a annoncé l'Association de la construction du Québec.

Les travailleurs de la construction étaient de retour sur tous les chantiers résidentiels mercredi matin, après la conclusion d'une entente de principe, mardi après-midi, dans ce secteur qui embauche plus de 57 000 salariés.

Avec les 41 000 travailleurs de la voirie et du génie civil rentrés au travail mardi à la suite d'une entente conclue avec leur employeur, la moitié des travailleurs de la construction est maintenant sortie du conflit de travail.

Sur les chantiers du secteur résidentiel, les travailleurs étaient soulagés de reprendre le collier. Plusieurs ont dit avoir senti la pression des consommateurs qui souhaitent prendre possession de leur maison le 1er juillet, et celle des syndiqués qui tenaient à faire respecter les mandats de grève.

Même s'ils continuent de se mobiliser, les travailleurs du secteur institutionnel, commercial et industriel sentent la pression de s'entendre avec la partie patronale, tandis que la menace d'une loi spéciale plane toujours pour le début de la semaine prochaine.

Mercredi matin, les syndiqués se sont réunis devant un local syndical de l'est de Montréal avant d'amorcer la tournée de leurs chantiers. Les syndiqués veulent ainsi s'assurer que les mandats de grève sont respectés. Quant à la rumeur selon laquelle les syndiqués s'apprêtaient à perturber le retour au travail sur les chantiers des deux secteurs qui ont réglé leur conflit, elle a été démentie par le porte-parole syndical Yves Ouellet.

M. Ouellet préserve le mot d'ordre du médiateur spécial en refusant de parler du contenu des négociations. Il se contente de dire que les syndiqués demeurent mobilisés. « S'il y en a de découragés, ça ne paraît pas dans leur attitude », avance M. Ouellet.

« Ça fait 30 ans qu'il n'y avait pas eu de grève générale. Ils sont tous là. Les autres secteurs sont réglés, mais nous on va continuer parce qu'il reste le nôtre à régler », ajoute-t-il.

Le porte-parole syndical estime que les ententes dans les deux autres secteurs encouragent les travailleurs du secteur institutionnel, industriel et commercial. « C'est un signe encourageant pour nos travailleurs. L'intransigeance syndicale n'est pas si forte qu'on veut bien le laisser croire puisqu'on a réglé deux secteurs. Je pense que ça aide le moral de nos troupes », estime-t-il.

Les travailleurs de ces secteurs en sont à leur neuvième journée de grève. Les représentants des parties syndicales et patronales ont rencontré mardi le médiateur spécial nommé par Québec, Normand Gauthier.

Une industrie sclérosée ?

Les négociations achopperaient davantage sur les conditions de travail - notamment le travail à temps simple le samedi - que sur la question salariale. C'est d'ailleurs la principale cause du conflit de travail, selon le président de l'Institut canadien des économistes de la construction, Jean Paradis. Ce dernier estime que ce qui a conduit au présent conflit dans le milieu de la construction réside dans la nature des négociations.

M. Paradis souligne que les conventions collectives se sont réglées essentiellement avec des augmentations salariales par les années passées. « Cette fois-ci, je pense que l'Association de la construction du Québec a tenté de toucher de gros acquis dans le domaine des conventions collectives », explique M. Paradis. « Ils ont tenté de simplifier les conventions collectives et de donner plus de flexibilité aux entrepreneurs. C'est ce qui a probablement provoqué la réaction syndicale. »

« Je pense que c'est là que ça achoppe. On ne parle pas juste de salaire, on parle de clause importante dans la convention collective que les employeurs aimeraient beaucoup modifier et que les syndicats ne sont pas prêts à modifier », poursuit-il.

M. Paradis estime qu'il faudra que l'industrie se penche sur l'épineuse question des conditions de travail de ces conventions collectives. « Il y a des problèmes dans nos conventions collectives, poursuit-il. Il y a des problèmes dans les lois de base qui définissent les métiers. » Il croit que le milieu de la construction s'est figé dans le temps alors que le monde a évolué.

M. Paradis estime par ailleurs que les coûts de la grève sont largement exagérés par l'opposition officielle à Québec. « Le chiffre d'un milliard est dangereux parce qu'il [est fondé sur la prémisse] que tous les projets ne s'étaient pas exécutés », explique-t-il. Il convient que des coûts fixes seront irrécupérables - comme les salaires des cadres, les locations de roulottes de chantier et les factures d'électricité -, mais que les autres coûts ne seront que différés de quelques jours.

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