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Edward Snowden en route vers le Venezuela?

23/06/2013 02:50 EDT | Actualisé 22/08/2013 05:12 EDT

L'ancien sous-traitant de la National Security Agency (NSA) Edward Snowden, inculpé pour espionnage par la justice américaine, a atterri à Moscou. Selon les agences de presse russes, sa destination finale serait Caracas, au Venezuela.

À son arrivée à l'aéroport, Snowden n'est pas sorti avec les autres passagers, certains témoins affirmant qu'il avait été emmené à bord d'une voiture diplomatique, indique l'AFP.

« Aujourd'hui, Snowden a quitté Hong Kong volontairement pour un pays tiers de façon légale et normale », a déclaré précédemment un porte-parole du gouvernement dans un communiqué, ajoutant que les autorités hongkongaises n'avaient « pas obtenu d'informations pertinentes » justifiant l'arrestation du jeune Américain comme le demandaient les États-Unis.

Selon le South China Morning Post, l'informaticien de 30 ans a pris le vol SU213 de la compagnie Aeroflot à destination de Moscou, vers 10 h 55 dimanche matin, sa destination finale n'étant pas connue. Le quotidien anglophone basé à Hong Kong évoque toutefois la possibilité que le jeune homme se rende en Islande ou en Équateur, qui a accordé l'asile politique à un autre informateur recherché par les États-Unis, Julian Assange, sans toutefois réussir à le transférer depuis son ambassade londonienne.

Le site Wikileaks, fondé par Julian Assange, soutient d'ailleurs avoir dépêché des conseillers juridiques auprès d'Edward Snowden afin de l'aider « à quitter Hong Kong et d'obtenir l'asile politique dans un pays démocratique ».

Le porte-parole du président russe Vladimir Poutine a déclaré n'avoir aucune information sur les intentions d'Edward Snowden. « Je ne sais rien à ce sujet. J'entends parler de ça pour la première fois », a indiqué Dmitri Peskov.

Il n'existe aucun vol direct de Moscou vers Reykjavik, en Islande, ou vers Quito, en Équateur. Plusieurs sources ont évoqué la possibilité qu'Edward Snowden quitte lundi pour la Havane, à Cuba, pour ensuite se rendre à Caracas.   

La Chine et les États-Unis haussent le ton

Pékin a réagi dimanche avec virulence aux allégations d'Edward Snowden, qui multiplie les révélations sur le cyber-espionnage des États-Unis en Chine.

Ses dernières accusations sur l'existence d'un système d'espionnage des réseaux mobiles chinois « montrent que les États-Unis, qui ont longtemps essayé de se présenter comme une victime innocente des cyber-attaques, se sont révélés être le plus grand voyou de notre temps » dans ce domaine, selon Chine nouvelle, l'agence officielle chinoise. [Les États-Unis] doivent des explications à la Chine et aux autres pays qu'ils sont accusés d'avoir espionnés ».

Des élus américains ont pour leur part dénoncé l'attitude de la Chine et de la Russie après l'arrivée à Moscou d'Edward Snowden. « Je pensais que la Chine verrait cela comme une occasion d'améliorer les relations avec les États-Unis en l'extradant. La Chine a évidemment joué un rôle dans tout cela », a affirmé sur la chaîne CBS la présidente de la commission du Renseignement du Sénat, Dianne Feinstein. « Je ne pense pas que cela soit seulement Hong Kong, sans l'aval de la Chine », a-t-elle ajouté.

Sur la chaîne CNN, le sénateur démocrate Chuck Schumer a en outre accusé Poutine de prendre plaisir à « provoquer les États-Unis ». 

Edward Snowden est accusé par le gouvernement américain de vol de biens de l'État, de transmission non autorisée d'informations relevant de la défense nationale et de divulgation de renseignements classifiés à une personne non autorisée.

Les deux dernières infractions tombent sous le coup de la loi des États-Unis sur l'espionnage, ce qui pourrait valoir à Snowden des sanctions financières ainsi qu'une peine de 10 ans de prison.

La plainte au pénal a été déposée au tribunal du district oriental de Virginie, où se trouve Booz Allen Hamilton, la société qui employait l'informaticien.

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