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Frédérik Gauthier : des choix judicieux

22/06/2013 09:22 EDT | Actualisé 22/08/2013 05:12 EDT

À plus d'une reprise, Frédérik Gauthier s'est retrouvé à un carrefour et a choisi la bonne direction. Un certain numéro 87 l'a orienté dans l'un de ces choix...

La première décision cruciale, Gauthier l'a prise au début de l'adolescence. À ses premières années à l'école secondaire, en plus du hockey, il jouait au poste de quart dans l'équipe de football de l'Académie Antoine-Manseau. Et quand on regarde aller le colosse de 1,93 m (6 pi 4 po) et 98 kg (215 lb), on réalise vite qu'il aurait été bien outillé pour en découdre avec des matamores en crampons.

« Je devais choisir. J'étais pas mal à talent égal dans les deux, raconte l'attaquant de l'Océanic de Rimouski, classé 8e espoir nord-américain par la Centrale de recrutement de la Ligue nationale. J'ai choisi le hockey sur un coup de tête, un feeling, je n'ai pas vraiment d'explication! Mais mes parents pensaient que j'allais choisir le football. »

S'ils n'ont pas vu venir la décision de leur fils, c'est que chez les Gauthier, le football est bien plus présent que le hockey. Si, par un soir de novembre, le Canadien de Montréal et les Saints de La Nouvelle-Orléans sont en action en même temps, « je vais regarder le football », affirme-t-il.

« À la maison, on n'est pas des fans de hockey plus que ça. Ma mère n'aime pas vraiment regarder le hockey, sauf si c'est moi qui joue! »

Harvard ou Rimouski?

Cette tiédeur à l'égard du hockey n'a pas empêché Gauthier de devenir une formidable machine sur glace, tant et si bien qu'à sa sortie des rangs midget, l'athlète natif de St-Lin était convoité. Au printemps 2012, voilà qu'il faisait partie des espoirs de l'Océanic, qu'il avait en main une lettre d'intention pour l'Université Harvard et que les Phantoms de Youngstown, en USHL, en avaient fait leur premier choix au total.

Gauthier hésitait essentiellement entre Harvard et Rimouski. C'est là que le téléphone a sonné à la maison.

« Ma sœur a répondu, elle a passé à ma mère parce que ça parlait anglais, explique le jeune homme de 18 ans. Ma mère demande qui parle, il dit : "c'est Sidney". Je me disais : "c'est qui, ça ne peut pas être lui!" »

Crosby était au bout du fil, pour expliquer à Gauthier les bienfaits d'un stage junior dans le Bas-St-Laurent.

« J'avais parlé un peu à Sidney l'an passé, révèle le directeur général de l'Océanic, Philippe Boucher. Je lui expliquais la situation de Frédérik et il m'a dit de ne pas hésiter si j'avais besoin de son aide. Sidney avait apprécié son expérience à Rimouski et il a quand même pu poursuivre ses études en jouant au hockey. »

Une autre ancienne vedette de l'Océanic, Vincent Lecavalier, a également appelé le sympathique géant. Avec de tels lobbyistes, l'organisation rimouskoise a remporté le derby Gauthier

Déjà complet

Voilà pour son cheminement vers ce qui s'annonce être le premier tour du repêchage de la LNH. Maintenant, qu'en est-il sur la patinoire?

« Je n'en reviens pas de ses performances cette année, surtout pour une recrue, s'enthousiasme Christian Bordeleau, dépisteur pour la Centrale de recrutement de la LNH. C'était la première fois que je voyais, dans le junior, un gars de ce gabarit mener l'attaque et être le premier revenu dans sa zone. Et je l'ai vu le faire cinq fois en deux périodes! Il peut jouer dans un premier, deuxième ou troisième trio avec son gabarit. »

« Certains ne comprendront jamais le sens du hockey défensif, mais lui le comprend déjà. Son IQ de hockey est très élevé », ajoute Boucher.

« Je prends de la fierté de mon jeu défensif, c'est un de mes atouts, mentionne Gauthier. J'obtiens des points, mais je ne marquerai jamais 50 buts. Je m'assure de bien jouer dans les deux zones. »

À lire ses propos, on croirait avoir affaire à un attaquant à la production modeste. Et pourtant... Ses 60 points en 62 matchs lui ont valu le 4e rang des recrues du circuit Courteau et ce, même s'il a disputé cinq ou six rencontres que ceux qui le devancent. Il semble en plus que le meilleur est à venir.

« Il a seulement joué une année junior, ses habiletés offensives seront encore meilleures l'an prochain. On l'a vu aux moins de 18 ans, dans un rôle offensif, ça a fonctionné », conclut Boucher.

Frédérik Gauthier en rafale

  • Équipe en 2012-2013: Océanic de Rimouski
  • Fiche : 22 buts, 38 passes, 60 points en 62 matchs (0-2-42 en 6 matchs en séries)
  • Classement : 8e patineur nord-américain selon la Centrale de recrutement de la LNH (7e à la mi-saison)
  • Taille : 1,93 m (6 pi 4 po)
  • Poids : 98 kg (215 lb)
  • Numéro : 23 (« Je jouais bantam CC, j'ai remplacé dans le AA et ils m'ont donné le 23. J'ai fini l'année avec eux. Et dans le midget AAA, c'est aussi ce numéro que je portais. »)

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