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«Spoongate»: l'OQLF aurait demandé à Menchie's de retirer ses cuillères

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Après le «pastagate», le Québec se dirige-t-il vers un «spoongate»? La communauté anglophone de Montréal, et du reste du Canada, est révoltée par ce qui semble être un autre cas de zèle d'une employée de l'Office québécois de la langue française (OQLF).

La chaîne de yogourts glacés Menchie's affirme qu'une inspectrice de l'OQLF a exigé le retrait de toutes les cuillères de plastique parce qu'elles portaient l'inscription moulée «Sweet Moosic», en anglais.

L'événement s'est déroulé à la succursale du Dix30 de la chaîne, à Brossard. L'inspectrice s'est présentée à la suite d'une plainte d'un consommateur. «Elle nous a demandé de retirer toutes les cuillères. Elle a même attendu sur place pour nous voir faire», explique le propriétaire de la chaîne au Québec, David Lipper. Résidant à Los Angeles, il était au téléphone avec l'inspectrice lors de l'intervention. La conversation s'est déroulée en français seulement: «Je ne sais pas si elle ne voulait pas ou ne pouvait pas parler anglais, dit-il, mais il est clair qu'elle exigeait que ce soit en français.»

Une employée s'est alors rendue au Walmart pour se procurer des cuillères de plastique. Celles-ci ont également été remplacées dans l'autre succursale de la chaîne au Québec, à Dollard-des-Ormeaux. «Je n'ai pas voulu prendre de chance», dit David Lipper.

De son côté, l'OQLF nie vigoureusement cette version des faits. «Des médias ont rapporté que l'OQLF aurait demandé le retrait de cuillères en plastique sur lesquelles on pourrait lire une inscription dans une autre langue que le français. Ces prétentions sont sans fondement», affirme l'organisme dans un communiqué diffusé vendredi.

En entrevue, le porte-parole de l'organisme a nié de façon catégorique que les cuillères aient été retirées. «J'ai parlé à l'inspectrice et elle n'a pas demandé le retrait des cuillères, affirme Martin Bergeron. Elles n'ont pas non plus été retirées en sa présence.»

L'organisme affirme que l'inspectrice s'est bien rendue sur les lieux pour une inspection à la suite d'une plainte et remplir un rapport, mais que le dossier est toujours en cours de traitement. «Par conséquent, aucune demande de rectification n'a été adressée à l'entreprise», dit le communiqué.

Spoongate

Anglophone ayant grandi à Montréal, David Lipper affirme qu'il a été «extrêmement surpris» par l'intervention de l'OQLF. «Je croyais que quelqu'un me jouait un tour», lance-t-il.

Pour autant, il entend se plier à la loi s'il s'avère que celle-ci interdit les mots anglophones moulés dans la coutellerie. Il ajoute que l'inspectrice a agi de façon courtoise lors de l'intervention.

Bien que le dossier soit toujours à l'étude, le porte-parole de l'OQLF explique la loi prévoit en effet une exception pour les inscriptions moulées ou gravées dans les objets qui proviennent de l'extérieur du Québec.

L'incident a eu l'effet d'une bombe dans la communauté anglophone après que Menchie's eut publié un message sur sa page Facebook hier soir pour expliquer la situation. «Je ne souhaitais pas lancer un débat politique, mais simplement expliquer la situation à mes clients», assure David Lipper.

L'événement a rapidement fait le tour des médias anglophones du Québec et du Canada, en plus d'être abondamment commenté sur les médias sociaux.

Rappelons que l'OQLF s'est retrouvé sous le feu des critiques récemment après qu'un de ses inspecteurs eut exigé la traduction en français de mots italiens, tel que «pastas», dans le menu du restaurant montréalais Buonanotte. L'OQLF avait par la suite promis de revoir ses pratiques afin d'éviter de tels dérapages.

La présidente de l'OQLF a d'ailleurs démissionné dans la foulée des événements.

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