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Laurent Dauphin : monsieur pression 

21/06/2013 01:17 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

En début de saison, Laurent Dauphin était absent des écrans radars des dépisteurs. « Je n'étais pas vraiment connu », admet-il. Six mois plus tard, voilà qu'il rêve d'être repêché au deuxième tour.

C'est que Dauphin sait briller quand ça compte. Et c'est pourquoi, malgré une ossature un peu frêle, le jeune homme de 18 ans a attiré l'attention de 23 équipes au camp d'évaluation de la Ligue nationale.

Et à quel moment ça compte? En finale du Championnat du monde des moins de 18 ans, quand sa tenue a valu au Canada la médaille d'or et lui a valu le titre de joueur du match, même s'il jouait avec un doigt cassé. Dauphin s'était aussi démarqué trois mois plus tôt, au match des meilleurs espoirs de la Ligue canadienne, avec un but, une passe et le titre de joueur du match.

« Ça démontre que je suis capable de me démarquer quand la pression est élevée, soutient le centre des Saguenéens de Chicoutimi. Les équipes m'en ont parlé en entrevue, elles cherchent des joueurs qui seront bons en séries. »

« Dès sa première présence, il s'est fait frapper par Ryan Hartman, de Plymouth. Bien des joueurs ne seraient pas revenus, mais il est resté dans le match, il n'a pas changé son style et a été le joueur du match », raconte Christian Bordeleau, dépisteur pour la Centrale de recrutement de la LNH.

La taille, le hic

On comprend les observateurs de s'émouvoir en le voyant simplement se relever. Avec 75 kg (165 lb) répartis sur 1,83 m (6 pi), Dauphin ne se fait pas exactement confondre avec Milan Lucic.

« En entrevue, je demandais aux équipes ce que je dois améliorer, raconte l'athlète de Repentigny. Elles m'ont toutes dit que c'est ma force physique, mon poids. C'est ce qui pourrait me nuire. Dans ma tête, c'est une bonne nouvelle. Ce qui ne s'apprend pas, je l'ai. Tu ne peux pas entraîner ta vision, mais la taille, ça se travaille. Je m'entraîne chaque jour et je suis un programme de nutrition. Je souhaite gagner entre 8 et 12 livres cet été. »

Ce physique longiligne n'a jamais empêché un Patrice Bergeron, pour ne nommer que lui, de se tailler une place de choix dans la Ligue nationale. Et c'est justement à ce joueur, maintenant lourd de 88 kg (194 lb), que Dauphin s'identifie.

« J'aimerais ressembler à un joueur comme Patrice Bergeron. C'est un centre aussi bon en défense qu'en attaque, avec un bon sens du jeu, qui performe au bon moment, comme on le voit en séries cette année. »

Un allié à Montréal

Comme l'écrasante majorité des Québécois, Dauphin réaliserait un rêve si le Canadien l'appelait à la tribune. Plus jeune, il allait les voir « entre quatre et six fois par année » au Centre Bell. Et plus récemment, il a même assisté à l'unique victoire du CH contre les Sénateurs au premier tour des séries.

Quand l'état-major du Tricolore discutera du cas Dauphin, on sait déjà qu'au moins un recruteur militera en sa faveur. Donald Audette a dirigé Dauphin en tant que directeur général du Phénix du Collège Esther-Blondin, dans le circuit midget AAA.

« Donald m'aime bien, on a une très bonne relation, il me connaît par cœur! Et c'est lui qui m'a passé en entrevue pour le Canadien à Toronto! Quand je suis entré dans la salle, j'étais stressé parce que même si je le connaissais, j'essayais de rester sérieux avec lui. Je n'étais pas habitué de lui parler dans ce contexte-là. »

Si Trevor Timmins le sélectionne le 30 juin prochain, Dauphin devra une fière chandelle à son mentor.

Laurent Dauphin en rafale

  • Équipe en 2012-2013: Saguenéens de Chicoutimi
  • Fiche : 25 buts, 32 passes, 57 points en 62 matchs (2-2-4 en 6 matchs en séries)
  • Classement : 28e patineur nord-américain selon la Centrale de recrutement de la LNH (41e à la mi-saison)
  • Taille : 1,83 m (6 pi)
  • Poids : 75 kg (165 lb)
  • Numéro : 27 (« Je suis né le 27 mars. Et quand j'étais petit, Alex Kovalev m'impressionnait beaucoup. C'était magique de le voir jouer. »)

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