DIVERTISSEMENT
10/06/2013 06:09 EDT | Actualisé 10/06/2013 06:11 EDT

Fonds d'archives à BAnQ : les trésors de Dodo (VIDÉO)

Des photos, des découpures de journaux, des textes de chansons, des partitions, des trophées : ce ne sont là que quelques-uns des trésors que lègue aujourd’hui Dominique Michel à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Parce qu’elle dit ne pas carburer à la nostalgie, et parce qu’elle est fille unique et sans enfants, la plus grande de nos humoristes a décidé d’offrir un cadeau au public en mettant à sa disposition, pour consultation, tout le contenu de ses fonds de tiroirs et de ses garde-robes, l’équivalent d’une vie de souvenirs.

On a dévoilé ces joyaux lundi matin, lors d’une cérémonie officielle au cours de laquelle plusieurs dignitaires et amis proches de Dominique Michel ont pris la parole pour lui rendre hommage. Le comédien Yves Jacques a ouvert la présentation en entonnant au micro L’amitié, de Françoise Hardy, pièce-thème du film Les invasions barbares. Guy Berthiaume, président-directeur général de BAnQ, a ensuite blagué en remerciant les Rolling Stones d’avoir devancé leur concert à Montréal d’une journée, afin que ce 10 juin 2013 ne soit consacré qu’à Dominique Michel.

Complice de toujours de celle qu’on surnomme affectueusement Dodo, Michel Forget a complimenté sa fidèle camarade en faisant référence à son nom de naissance, Aimée Sylvestre. « Tu as été aimée, mais tu as tellement aimé aussi, a-t-il insisté. Et, pour quelqu’un qui ne buvait pas, tu as souvent mis de l’eau dans ton vin! »

Yves Jacques l’a remerciée de lui avoir permis de croire en lui-même, alors qu’il était un jeune acteur débutant et incertain de ses talents sur le plateau du Déclin de l’empire américain, en 1985.

Le producteur Jean Bissonnette, qui a travaillé avec elle à maintes reprises, a parlé d’elle en la désignant comme « la mère du show-business au Québec », et le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, a salué le courage et l’audace dont elle a dû faire preuve pour s’imposer en tant que femme dans le difficile milieu de l’humour. Gaston Lepage, Louise Laparé, Guy Latraverse, Rémy Girard, Louise Portal, Philippe Dagenais, Guy Nantel et Marie-Claude Barrette ont aussi assisté à l’allocution.

Lorsque son tour est venu de s’exprimer, Dominique Michel a fait rire tout le parterre en évoquant « le millage » qu’elle compte derrière elle, et en énumérant toutes les institutions et infrastructures montréalaises qu’elle a vu naître, de la Place des Arts au Club échangiste l’Orage.

Rigolant d’avoir été porte-parole de Leucan comme de Portes Fenêtres & Cuisines Verdun, et d’avoir « vu passer huit papes », la dame de 80 ans a par ailleurs tendu un coup de chapeau aux auteurs qui ont écrit pour elle dans ses différents projets, comme Gilles Richer, Stéphane Laporte, Jena-Pierre Plante, Josée Fortier et Gilles Gougeon, qui, peu de gens le savaient, a été la première plume derrière le fameux sketch parodiant Michel Chartrand, au Bye Bye 1973.

Cabarets, télé et cinéma

Plus précisément, ce sont environ 0,70 mètre linéaire de documents textuels, près de 4000 clichés, 26 vidéos et 15 objets qui constituent le fonds d’archives Dominique Michel, lequel côtoiera ceux des Yvon Deschamps, Clémence Desrochers, Gilles Vigneault, Jean Grimaldi et Louise Portal déjà entreposés à BAnQ. Formidable panorama de la culture populaire d’ici, la collection témoigne de l’enfance de l’artiste, de ses débuts dans les cabarets à l’âge de 19 ans, alors qu’elle se promenait entre Montréal et Paris, de son riche parcours au petit écran et des rencontres marquantes de sa carrière. Les plus âgés reconnaîtront des images des nombreuses publicités dont elle a été la tête d’affiche et auront peut-être à l’esprit les refrains accrocheurs des airs Haut les mains et Mon bikini, ma brosse à dents. Un montage survole quelques-unes de ses imitations mémorables au fil des Bye Bye (Michel Chartrand, René Lévesque, Diane Dufresne, Nadia Comaneci, Michèle Richard, pour ne nommer que celles-là), et un autre, ses incursions au cinéma, notamment dans Tiens-toi bien après les oreilles à papa et Y’a toujours moyen de moyenner. On trouve aussi dans le lot les cahiers manuscrits qui ont servi de canevas à sa biographie, Y’a des moments si merveilleux, des recueils de musique, un diplôme scolaire et des médailles. Le Centre d’archives de Montréal était exceptionnellement ouvert, lundi après-midi, pour permettre aux curieux de bénéficier d’une visite guidée de la salle d’exposition.

Et l’avenir ?

Évidemment, le rassemblement a donné l’occasion à Dominique Michel de jeter un regard sur son passé, mais c’est davantage la présence des siens que le fait d’être entourée d’artefacts d’hier qui lui a noué la gorge d’émotion.

« J’ai beaucoup donné, j’ai été très, très heureuse, j’ai adoré mon métier, j’ai travaillé avec des gens extraordinaires… On me rend hommage pour avoir eu tant de plaisir à travailler! J’ai aimé ce que j’ai fait et je ne regrette rien, a résumé l’idole. Maintenant, je n’ai plus l’énergie. C’est ainsi depuis mes ennuis de santé. C’est la chimiothérapie qui fait ça. J’ai été très heureuse, mais maintenant, c’est fini, fini, fini », a-t-elle ajouté de sa voix si caractéristique.

Parmi les hauts faits de sa vie professionnelle, Dodo cite sa toute première émission de télévision, Au p’tit café, Moi et l’autre, les Bye Bye et les festivals Juste pour rire. Elle se réjouit également d’avoir pu jouer au cinéma.

Et qui est la relève de Dominique Michel, selon Dominique Michel ?

« Il y en a plusieurs, a laissé tomber avec fougue la principale intéressée, les yeux brillants d’admiration pour la jeunesse qui marche dans ses pas. Lise Dion fait des choses extraordinaires. Claudine Mercier aussi. Et je trouve Véronique Cloutier merveilleuse ! D’ailleurs, j’ai déjà taquiné Louis (Morissette); lui aussi, il dit qu’il ne fera plus de Bye Bye... (rires) »