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L'Union européenne met en garde la Turquie contre l'usage de la force

07/06/2013 10:26 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

Le commissaire européen à l'Élargissement Stefan Füle, en déplacement à Istanbul, dit « qu'il ne doit pas y avoir de recours excessif à la force par la police » dans le cadre des manifestations qui secouent la Turquie depuis la semaine dernière.

Selon la Fondation des droits de la personne de Turquie, quelque 4300 personnes ont été blessées depuis le début du mouvement de protestation motivé à l'origine par un projet d'urbanisme qui doit détruire un parc d'Istanbul avant de se muter, plus globalement, en mouvement antigouvernemental.

Le commissaire européen Füle a déclaré vendredi lors d'un discours devant M. Erdogan qu'il était important qu'Ankara ouvre rapidement une enquête « transparente » sur les actions de la police et que « les responsables rendent des comptes ».

« Les manifestations pacifiques sont le moyen légitime pour des groupes d'exprimer leurs points de vue dans une société démocratique », a-t-il affirmé.

La chancelière allemande Angela Merkel a abondé dans le même sens. Le gouvernement turc doit s'assurer d'agir en « État de droit » envers les manifestants affirme la chancelière.

Jeudi, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé à la fin immédiate des manifestations, jugeant qu'elles avaient perdu leur caractère démocratique et qu'elles tournaient désormais au vandalisme. Il a demandé à la population de se tenir à l'écart de ces « manifestations hors-la-loi ». Il a par ailleurs assuré que des enquêtes seraient menées sur l'usage excessif de la force par la police.

Le premier ministre a toutefois averti qu'il ne pouvait pas accéder aux demandes des manifestants puisqu'il était redevable aux électeurs qui l'ont élu pour qu'il réalise son programme.

M. Erdogan a aussi affirmé que les manifestations actuelles étaient en fait instrumentalisées par des groupes responsables d'autres violences par le passé. Il a rappelé qu'à l'origine, les manifestations qui avaient un caractère écologique plutôt que politique. Il considère que des « extrémistes », dont certains seraient « impliqués dans le terrorisme », ont détourné le mouvement.

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