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Le Grand Prix favoriserait le tourisme sexuel

07/06/2013 12:42 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:36 EDT
Radio-Canada

Le Grand Prix du Canada de F1 n'attire pas que des amateurs de course. De par l'utilisation du corps de la femme pour commercialiser son produit, l'industrie de la F1 favorise la prostitution et le tourisme sexuel.

La responsable du projet Mobilis, Pascale Philibert, estime que la direction du Grand Prix a une responsabilité morale en cette matière. « Du moment où ils utilisent le corps de la femme pour vendre, oui, à ce moment-là, ils devraient parler des autres côtés », dit-elle.

Mis sur pied en 2008, le projet Mobilis est un programme qui vise à enrayer l'adhésion aux gangs de rue et le recrutement de prostituées juvéniles.

« On leur projette de l'argent, ci et ça, mais il n'y a aucune jeune fille qui est heureuse de faire ça. Mais il y a un contexte qui permet cette exploitation-là. » — Pascale Philibert

Mme Philibert explique que le Grand Prix favorise la prostitution en projetant une image hypersexualisée de la femme. « Le commerce sexuel entourant le Grand Prix favorise la demande », avance Mme Philibert, qui déplore que les jeunes femmes soient de plus en plus recherchées.

Bien que les clients ne recherchent pas nécessairement des adolescentes, les proxénètes veulent en avoir parce qu'elles sont plus faciles à manipuler, selon Mme Philibert. « C'est très facile de les amener faire n'importe quoi », précise-t-elle.

Les proxénètes pourchassent les jeunes filles jusque dans les centres jeunesse. Elles ont souvent été en contact avec ces criminels avant qu'elles y fassent leur entrée, mais ils ne lâchent pas leurs victimes aussi facilement. Ils reviennent à la charge pour les attirer de nouveau dans leurs filets.

« On a besoin que le tourisme, que les clients nous aident là-dedans parce qu'on a des adolescentes prises dans ce réseau-là. » — Pascale Philibert

Mme Philibert demande l'aide des clients et des touristes qui consomment de la prostitution. Elle leur enjoint de prévenir les autorités dès qu'ils ont un doute sur l'âge de la jeune femme qui leur est proposée. « On a besoin que le tourisme, que les clients nous aident là-dedans parce qu'on a des adolescentes prises dans ce réseau-là », implore Mme Philibert.

La responsable du projet Mobilis demande également aux parents d'être vigilants. Lorsqu'une adolescente a trop d'argent, trop de vêtements ou un cellulaire qu'ils n'ont pas eux-mêmes payé, ils doivent s'interroger et demander de l'aide à un centre jeunesse ou à la Direction de la protection de la jeunesse.

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