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La cybercriminalité au menu du sommet Obama-Xi Jinping

07/06/2013 06:42 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT
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US President Barack Obama shakes hands with Chinese Vice President Xi Jinping during meetings in the Oval Office of the White House in Washington, DC, February 14, 2012. AFP PHOTO / Saul LOEB (Photo credit should read SAUL LOEB/AFP/Getty Images)

Barack Obama rencontre vendredi son homologue chinois Xi Jinping avec lequel il entend évoquer les piratages informatiques imputés à des pirates chinois dont les États-Unis ont été victimes.

Lors de ce sommet de 48 heures, organisé dans la luxueuse propriété de Sunnylands, près de Palm Springs, en Californie, le locataire de la Maison-Blanche, lui-même aux prises avec un scandale sur la protection des données informatiques, aura à coeur d'obtenir de son hôte l'assurance qu'il prend l'affaire au sérieux.

« Toutes les nations doivent se plier aux normes internationales et fixer des règles claires. C'est la toile de fond des discussions que les deux présidents vont avoir », a expliqué à la presse un haut fonctionnaire américain ayant requis l'anonymat.

Les tensions au sujet de la sécurité informatique pourraient jeter une ombre sur la rencontre, présentée comme une occasion de lier connaissance dans un cadre informel. Barack Obama expliquera en substance que les États-Unis tiennent Pékin responsable des activités des pirates chinois, dit-on à Washington.

Bien qu'il s'agisse de sa première rencontre officielle avec le président des États-Unis, Xi Jinping, qui a pris ses fonctions en mars, pourrait lui aussi exprimer ses réticences à l'égard du recentrage asiatique de la stratégie militaire des États-Unis.

Les reproches d'Obama au sujet de la cybercriminalité chinoise risquent en outre d'être brouillés par les révélations du Washington Post. Selon le quotidien, la National Security Agency (NSA) et le FBI « se servent directement dans les serveurs centraux de neuf sociétés internet américaines de premier plan » par le biais d'un programme secret baptisé PRISM.

« Des tonnes de preuves »

Le gouvernement chinois, qui réfute depuis des années les allégations américaines, se dit davantage victime que coupable en matière de cyberespionnage. Huang Chengqing, directeur du CNCERT, l'agence gouvernementale chargée de la cybersécurité, a assuré mercredi disposer de « tonnes de preuves » accablantes pour les États-Unis.

L'information selon laquelle des pirates chinois avaient eu accès à des données militaires concernant notamment l'avion de chasse F-35 a toutefois suscité une vive réaction au Congrès américain.

À la veille de la visite du président chinois, trois élus ont présenté une proposition de loi prévoyant le gel des avoirs et une interdiction de visas pour les pirates étrangers et leurs familles.

Les deux chefs d'État pourraient néanmoins désamorcer les tensions sur le sujet en promettant de coopérer plus étroitement au sein d'un « groupe de travail » conjoint dont la première réunion est d'ores et déjà programmée en juillet.

La réussite du sommet est essentielle pour Xi Jinping, qui cherche à forger avec les États-Unis des liens d'un nouveau genre, qui tiennent compte du nouveau statut de la Chine, notamment sur le plan commercial.

« La mutation qui se déroule en Chine est extraordinaire et jamais dans l'histoire de l'humanité nous n'avons vu autant de gens sortir si rapidement à la pauvreté, en partie avec ce qui se passe en Chine et en Inde », a souligné jeudi Barack Obama.

Ses collaborateurs ont toutefois souligné qu'aucune décision concrète n'était à attendre des cinq heures de discussions prévues à l'occasion de ce sommet étalé sur deux jours.

Le choix du site, qui tranche avec la solennité de la Maison-Blanche, semble répondre à la rupture souhaitée par le président chinois, dont le prédécesseur Hu Jintao était réputé froid.

La rencontre, qui doit débuter en fin d'après-midi, sera toutefois loin d'être décontractée. Qu'il s'agisse de la Corée du Nord, des conflits territoriaux entre Pékin et les alliés asiatiques de Washington, des tensions commerciales et donc de la cybercriminalité ou encore des droits de l'homme, les contentieux ne manquent pas.

Quelques heures avant le sommet, des passeports ont été accordés à la mère et au frère aîné de l'opposant Chen Guangcheng, ce qui pourrait leur permettre de lui rendre visite aux États-Unis.

Le dissident aveugle s'est réfugié en avril 2012 à l'ambassade des États-Unis à Pékin, avant de gagner New York après la conclusion aux forceps d'un accord entre Pékin et Washington. Le sort de ses proches, harcelés depuis par les autorités chinoises, suscite une vive inquiétude aux États-Unis, surtout depuis l'annonce de la visite de Xi Jinping en Californie.

Reuters