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La Tunisie expulse trois militantes de Femen soupçonnées de vouloir se dénuder

05/06/2013 01:52 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT
AP

TUNIS, Tunisie - Trois membres du groupe féministe Femen ont été expulsées de Tunisie, après avoir été soupçonnées de vouloir manifester les seins nus en appui à trois autres militantes accusées d'indécence publique, a annoncé le ministère de l'Intérieur mercredi.

Le ministère en a fait l'annonce sur sa page Facebook. Une militante ukrainienne a été expulsée de sa chambre d'hôtel et conduite à l'aéroport international mardi, tandis qu'une Biélorusse a été arrêtée à l'aéroport le même jour. Une autre Ukrainienne a été refoulée à l'aéroport de Tunis, selon le ministère.

Trois autres militantes de Femen, deux Françaises et une Allemande, sont en attente de leur procès pour indécence publique, après avoir manifesté les seins nus devant le palais de justice de Tunis la semaine dernière, appelant à la libération d'une militante tunisienne.

Le coup d'éclat des trois militantes de Femen, le 29 mai, était la première manifestation seins nus du groupe dans un pays musulman.

Le procès des trois femmes a commencé mercredi. Des avocats représentant plusieurs groupes islamistes ont réclamé le report du procès afin de se constituer partie civile. Le juge a ajourné l'audience et indiqué qu'il annoncerait sa décision le 12 juin.

Vêtues d'une tenue traditionnelle tunisienne, les trois femmes sont apparues mercredi devant la cour à Tunis. À l'extérieur, des dizaines de personnes manifestaient contre elles.

Des témoins ont déclaré qu'une manifestante portait une affiche de soutien au mouvement Femen, mais qu'elle avait été rapidement huée par la foule, avant d'être entraînée à l'écart par les forces de l'ordre.

Les trois militantes européennes ont manifesté à moitié nues pour réclamer la libération d'Amina Sboui, une membre tunisienne de Femen qui a scandalisé le pays en publiant des photos d'elle les seins nus sur Internet pour la Journée internationale de la femme. Elle a ensuite tenté une autre manifestation le 19 mai dans la ville religieuse de Kairouan, où elle a été arrêtée.

Amina Sboui a comparu devant un juge d'instruction mercredi à Kairouan. Elle pourrait être accusée d'indécence publique, de profanation d'un cimetière et d'appartenance à une bande de malfaiteurs dans le but d'endommager la propriété publique. Elle a déjà été reconnue coupable de possession d'une bombe de gaz poivré et a été condamnée à une petite amende.

Son avocate, Radhia Nasraoui, a indiqué que le juge déciderait dans les prochains jours si de nouvelles accusations seront portées contre sa cliente.

Des militantes de Femen ont manifesté mercredi devant l'ambassade de Tunis à Paris en signe de solidarité avec leurs collègues détenues.

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