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Syrie : le régime a repris Qousseir

05/06/2013 03:19 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Au moment où le régime de Bachar Al-Assad enregistre des gains sur le terrain avec la capture du bastion rebelle de Qousseir, sur le front diplomatique, la conférence de paix est retardée.

Après des semaines de combats, l'armée syrienne a repris le contrôle de la ville stratégique de Qousseir. Il s'agit d'une importante défaite pour les forces opposées au président Bachar Al-Assad, qui ont confirmé leur retrait de la ville.

« Nos forces armées ont pu à l'aube rétablir la sécurité à Qousseir et la nettoyer des terroristes après une série d'opérations délicates menées dans cette ville et dans les localités alentour », affirme l'armée syrienne dans un communiqué, mercredi.

Les insurgés ont confirmé s'être retirés de la ville, par l'entremise de la page Facebook de la Commission générale de la révolution syrienne.

« Oui nos frères, c'est un round que nous avons perdu », peut-on lire.

Des images diffusées par les télévisions montrent d'importantes destructions, avec des bâtiments en ruine, des rues dévastées et aucun habitant en vue.

La Coalition nationale de l'opposition syrienne s'est engagée mercredi à poursuivre « la révolution » contre le régime Assad, malgré la capture de Qousseir, selon un communiqué.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, a également confirmé la reprise de la ville. Il a ajouté que les combattants rebelles avaient quitté Qousseir parce qu'ils étaient à bout de munitions. L'OSDH se dit aussi préoccupé par le sort de 1200 personnes blessées à Qousseir et demande que la Croix-Rouge ait immédiatement accès à la ville.

De son côté, l'Iran, principal soutien du Hezbollah, a « félicité l'armée et le peuple syriens » pour la victoire sur les « terroristes », a rapporté l'agence officielle Irna, citant le vice-ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdolahiana.

Région stratégique

Il s'agit d'une avancée importante pour les troupes du régime, qui ont enregistré plusieurs gains dans les dernières semaines.

Qousseir est stratégique puisqu'elle est située sur la route entre la capitale, Damas, et la côte de la Méditerranée. Elle avait été conquise par les insurgés quelques mois après le début du soulèvement populaire syrien.

Avec cette victoire, le gouvernement assure également le lien entre la région libanaise de Bekka, bastion du Hezbollah, grand allié du régime syrien, et les régions de la côte où vivent de nombreux alaouites, membres d'une branche du chiisme à laquelle appartient Bachar Al-Assad.

Conférence de paix retardée

La conférence internationale de paix sur la Syrie, dite de Genève 2, n'aura finalement pas lieu en juin, puisqu'au terme d'une réunion préparatoire, la Russie, les États-Unis et l'ONU ne sont pas parvenus à s'entendre sur la liste des participants.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, cité par l'agence de presse Interfax, a déclaré que « l'opposition syrienne, contrairement au gouvernement [de Damas], n'a pas pris de décision sur la question de sa participation à cette conférence ». La participation de l'Iran et de l'Arabie saoudite pose également problème, a souligné M. Gatilov.

Une nouvelle réunion préparatoire aura lieu le 25 juin, dans le but de tenir la conférence internationale en juillet, a annoncé l'émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakdhar Brahimi.

La conférence de Genève 2, initiée par Washington et Moscou, vise à ouvrir des négociations entre le régime et l'opposition pour mettre fin à la guerre en Syrie. Le régime de Bachar Al-Assad a donné son accord de principe pour y participer, tandis que l'opposition exige au préalable la démission du président, l'arrêt des combats et le départ de Syrie de combattants de l'Iran et du Hezbollah.

Utilisation d'armes chimiques

Mercredi, le Royaume-Uni a affirmé avoir des preuves « physiologiques » de l'utilisation du gaz sarin en Syrie « très probablement » par le régime de Bachar Al-Assad. Londres affirme avoir effectué ses propres tests sur des échantillons prélevés dans le pays. La veille, la France a accusé Damas d'avoir utilisé à au moins une reprise du gaz sarin en Syrie, assurant que « toutes les options » étaient désormais « sur la table » pour la communauté internationale.

Le conflit syrien qui dure depuis plus de deux ans a fait plus de 80 000 morts et 1,6 million de réfugiés, selon l'ONU.

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